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Quid de l'écriture inclusive

2 Janvier 2021 , Rédigé par Sifranc le correcteur Publié dans #Langue fourchue

Vraiment pas très fun...

Vraiment pas très fun...

Qui saura appliquer ça à la lettre?

L’écriture inclusive sépare les deux genres par des points centrés, dits médians. Voyez plutôt:

Cher·ère·s lecteur·trice·s, êtes-vous déterminé·e·s à appliquer la forme d’écriture neutre, non sexiste, qui a pour objectif d’établir la parité femme/homme dans la langue française? 
Je m’y suis essayé en y consacrant beaucoup de temps.

 

Le sujet épicène

En plus de la composition du point médian, la langue épicène doit être surveillée de près, jugez plutôt :

« Les droits humains » plutôt que « Les droits de l’homme ».

La langue allemande, plus neutre, a la solution : ein Mann, ein Mensch…

L’écriture inclusive favorise l’accord avec le sujet le plus proche du verbe, ce qui a pour résultat phonique : Les hommes et les femmes sont belles (sic).

À mon avis, les linguistes devraient d’abord exiger la reconnaissance du COD se rapportant au genre féminin pour éviter d’entendre ceci :

Jacqueline raconte à la TV : « J’avais rencontré Claudine au bord d’une route. Je l’avais PRIS en auto-stop. » On écrit « prise » et on prononce PRISE par respect de la syntaxe et du sexe. Celui même que les féministes défendent !

Sur une chaîne française, une aspirante policière explique son premier traumatisme ressenti sur un lieu d’accident : « Bien sûr, la découverte d’une personne sans vie reste toujours un moment pénible pour moi et mes copines de la police. On n’est pas des surhommes ! »

L’Académie française qualifie l’écriture inclusive de péril mortel, ces nouvelles marques orthographiques et syntaxiques amènent la langue française vers un apprentissage plus complexe, brouillé, à la limite de l’illisibilité. Les Immortels ont quand même cinq femmes dans leurs rangs. Vont-ils inclure les ambassadeur·rice·s dans la vénérable institution des Immortel·le·s ?

Les correcteurs ont toujours combattu le sexisme en accueillant la cheffe, la procureure, la syndique, l’entraîneure de volley (parce que l’entraîneuse faisait trop poule), l’écrivaine, etc.

Au jeu télévisé de TF1, le gagnant obtient le titre de Maître de midi. Pour la gagnante en titre, l’animateur Jean-Luc Reichmann avait énoncé avec raison : « Caroline est la nouvelle Maître de midi ! » On n’imagine pas une Maîtresse de midi…

Les mots épicènes

Il s’agit de termes dont la forme ne varie pas, que la personne désignée soit une femme ou un homme.

Exemples : les fonctionnaires, les propriétaires, les interprètes, les élèves, les enfants.

Mais cette règle de la langue épicène se heurte à d’autres mots non « féminisables » : notre FUTUR bébé sera une fille, assisté(e) par un sage-homme ; une mannequine ;
une guide (Il avait un joli nom MON guide, Nathalie ! Faudra-t-il exhumer Gilbert Bécaud pour le faire chanter Elle avait un joli nom ma guide ?)

Qu’en pensent les partisan·e·s de l’écriture inclusive ?

Précision du soussigné
Je ne m’oppose pas à la reconnaissance féminine qui fait enfin sa place dans la langue française, mais utilisons des génériques aussi vite que possible et aussi lentement que nécessaire : l’équipe médicale, le personnel hospitalier, les secours vs les sauveteurs et sauveteuses, le corps des sapeurs-pompiers vs les sapeuses-pompières ! J'ai même découvert récemment "quelqu'une" et "une individue" sur un site dédié !

Commençons par surveiller les bons accords du participe passé employé avec l’auxiliaire avoir afin de bien identifier la personne dont on parle. Cette règle fondamentale, méprisée par la Fédération Wallonie-Bruxelles, est bien plus simple à enseigner que la syntaxe inclusive exigeant d’accorder au plus proche.

Francis Choffat

NB : Pour écrire cet article avec prévenance, j’ai été aidé en lisant le Guide offert par ma vénérable collègue Patricia Philipps Femme, j’écris ton nom, paru en 1999. Stupéfait, j’y découvre une parité impossible à résoudre : le couturier passe dans l’opinion publique pour un créateur, la couturière pour une petite main.

Documentation : Centre national de la recherche scientifique/Institut national de la langue française.

 

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