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Une femme prend la parole…  et la plume !

5 Juin 2022 , Rédigé par Sifranc le correcteur Publié dans #Langue fourchue

Égalité

Égalité

J’aime les hommes qui me prennent pour une femme et qui se mettent plein de cambouis sur les mains sans mot dire, et sans me connaître, pour remettre ma chaîne de vélo qui a déraillé.

J’aime les hommes qui, protecteurs, m’interpellent en m’appelant «ma p’tite dame».

Je les aime tels qu’ils sont. J’aime qu’ils regardent un décolleté (que l’intéressée a soigneusement mis en valeur, pour qui ? seulement pour elle ? ah bon…).

J’aime les hommes qui prétendent que, femme, j’ai beaucoup plus d’intuition qu’eux.

J’aime les hommes qui n’envisagent pas de ne pas protéger une femme. Sexe faible après tout !

J’aime les hommes au point de ne pas les virer du comité de direction sous prétexte qu’il manque deux femmes. Au fait, j’aime bien l’idée «d’appartenir» à un homme – avec bien sûr toutes les exceptions imaginables, et surtout quand ça m’arrange…

J’aime bien être de mauvaise foi, et qu’un homme en soupire.

J’adore faire semblant d’avoir peur pour qu’il me rassure.

"Je n’en ai rien à faire que la grammaire française ait privilégié le masculin pour en faire un sexe, pardon un genre, dominant ! "

(...)

Je n’ai jamais pensé que si le président de la République ne disait pas «celleZéceux» à tout bout de phrase, c’est qu’il m’avait oubliée moi et mes congénères.

(...)

Rassurez-vous : personne ne me piquera ma place, je suis une cheffe d’entreprise sans complexes et tout me semble possible, sans avoir besoin de discrimination positive, « parce que je le vaux bien ». J’apprends aux filles à ne pas se laisser faire, à oser, à assumer, à ne pas être naïves, à se battre, à ne jamais mettre un voile, à ne pas monter dans la chambre d’hôtel d’un homme même pour un prétexte professionnel, et… à ne pas profiter de la faiblesse masculine ambiante pour sortir en hurlant de l’ascenseur, histoire de jeter des doutes sur le voisin de bureau qu’on ne peut pas blairer. Je veux que les hommes continuent de prendre l’ascenseur seuls avec moi.

Je n’ai définitivement pas envie qu’on se venge de 10 000 ans de «domination masculine» en leur jetant leur galanterie à la figure et en les émasculant. Chacun son combat ! Et ne me dites pas que je cautionne les violeurs, les violents et les imbéciles ! 

                                                                               Extraits de Sophie Menthon

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