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© Carnet de maladresses 2003 (No 3)

8 Juillet 2005 , Rédigé par Sifranc le correcteur Publié dans #© Carnets de maladresses

Monsieur Personne
Suite à des erreurs médicales, entre deux mille et trois mille patients meurent chaque année dans nos hôpitaux. Cela fait au moins six victimes par jour! C’est bien connu, les médecins enterrent leurs erreurs. Il n’en va pas de même pour les correcteurs de quotidiens dont les coquilles restent imprimées. Pourtant, ils corrigent environ six cents fautes dans chaque édition…
Un propriétaire m’a relaté les soucis que lui procure le chantier de sa future villa. Les différents corps de métiers accumulent les boulettes. L’architecte se défend que ses plans sont justes, mais l’ébéniste a mal scié les poutres; l’électricien a posé les conduites au mauvais endroit; la chaudière a été mal montée et un muret a dû être construit, un autre supprimé. Le grand responsable de ce fatras porte un nom: c’est Monsieur Personne! Ces gaffes coûtent cher mais sont encore réparables. Par contre, dans les journaux, c’est trop tard… la rotative doit tourner avec les fautes, navrantes mais pas mortelles… 

 

La tolérance feinte 
Notre époque permet à chacun d’exprimer publiquement ses revendications. Mais est-ce que l’esprit collectif évolue vraiment? On joue les tolérants devant une Gay Pride et on révise notre vocabulaire de base par des néologismes. Tiens, concernant les races, on ne vend plus des «têtes de nègre», mais des «têtes chocolatées». Pour les handicapés, on ne dit plus «mongolien» mais on fait savant avec «trisomique». En ce qui concerne les générations, on n’appelle plus «home de vieillards» mais «home du 3e âge». Les sages-femmes exigeront un jour que l’on ne prononce plus «bébé» – terme trop réducteur – mais «nouveau-né». Pour en revenir à l’évolution des mœurs, relevons l’abolition des mots «tapette» et «gougnotte». On dit maintenant «gay». Cette appellation laisse transparaître un élan de solidarité envers les homosexuels et c’est réjouissant. Cependant, les spectateurs «tolérants» qui se sont déplacés à Neuchâtel pour le défilé, ceux-là ne sont pas encore mûrs pour accepter de voir un jour leur fils ou leur fille parmi les figurants. La tolérance? Mon cul ! 


 

L’art porté aux nues
En perpétuelle recherche d’inspiration, des pseudo-artistes s’ingénient à créer des œuvres éphémères avec des moyens bon marché. La matière première n’a donc pas manqué à Spencer Tunick qui a pu confectionner sur l’arteplage de Neuchâtel une gigantesque brochette de crevettes saumonées. Posant nus, les mille cinq cents bénévoles ont constitué ce qu’on appelle dans l’art pictural une nature morte. Il a fallu que le photographe ait la mauvaise idée de renvoyer d’abord les hommes aux vestiaires pour que ceux-ci se précipitent tout habillés sur les rives en faisant des palabres lubriques sur les courbes de charmantes créatures. Chassez le naturel, il revient au galop! Par contre, à dix kilomètres de l’arteplage, au camp de l’ONS, à Zihlbrücke, on peut se pavaner dans son plus simple appareil, sans que ce dernier porte la marque Nikon… Là, des naturistes prônent la vie saine, sans fumée, ni viande ni alcool. Il y a cinquante ans, ces pionniers sans tunique ni spencer ont été chassés des plages. Mais en un mot, ils ont vaincu… Chassez le naturiste, il revient au bungalow ! 

 

Aveu d’impuissance 
Comment explorer l’arteplage de Bienne en un seul jour si l’on doit faire la queue devant chaque pavillon? Eh bien, en bâclant la visite afin de rattraper le temps perdu. Et tant pis pour la compréhension du thème! Ce type d’empressement collectif ressemble aux visites éclair de Paris: on gravit la tour Eiffel seulement jusqu’au deuxième étage parce qu’il y a trop de monde. On fulmine pour atteindre les trois cents mètres du «squelette de beffroi», surnom qu’avait donné à la Tour un illustre détracteur, Paul Verlaine… en pleine Exposition universelle de 1889.
A la rentrée, les récits des vacanciers ne vont pas tarder à affluer. Chaque année, on est abreuvé de résumés du style «on a tout fait en un jour». A donner poliment l’impression de croire ces aventuriers turbocompressés, je passe pour un naïf. Mais, de mon côté, j’ai la satisfaction d’avoir assimilé toutes mes visites à Expo.02. Sauf au pavillon Nouvelle DestiNation où j’ai dû feindre l’étonnement et esquiver le raisonnement…
 


 

Mi-août avec le chat 
En période de vacances, les gens ont coutume de confier leurs clés d’appartement à une bonne âme pour qu’elle s’occupe des plantes vertes et du chat. La dame de confiance de mon immeuble m’a narré l’histoire de son pensionnaire à moustaches. Elle a d’abord essayé de faire plus ample connaissance avec lui car il se cachait. Pourtant, les gamelles se vidaient… Après quelques jours d’adaptation, le matou a gratté à la porte de la salle de bains, grimpé sur le lavabo et fixé de ses yeux félins la pharmacie. Madame a pensé que minet s’admirait dans le miroir. Après réflexion, elle en a déduit que la brosse du chat se trouvait dans la pharmacie et qu’il réclamait une séance de brossage. Une fois la brosse exhibée devant lui, il a sauté dans la baignoire. Normal, c’est là que son maître exécute le toilettage. Génial, non? Un coup de jet et les poils s’en vont ! Depuis que j’ai appris ça, je crois bien que les animaux ont l’esprit pratique. En plus, à la mi-août, il me semble que chat parle… 


 

Gauche maladroite
En termes héraldiques, senestre signifie gauche mais désigne le côté droit de l’écu. Cette inversion s’explique. Le guerrier tenait son armure du bras gauche. Pour l’ennemi qui lui faisait face, la position du bouclier se trouvait donc à droite, appelée dextre. Dans la marine, on connaît bâbord et tribord. Si vous conduisez un cheval, hue est à droite et dia est à gauche.
Ces derniers temps, on constate en Suisse que les idées des politiciens peuvent être bonnes, qu’elles émanent de gauche ou de droite. C’est paradoxalement la gauche qui rejette les opinions censées venir de bâbord.
Lors d’un débat télévisé, on a vu des charretiers tirant à hue et à dia. Armés de leurs langues de bois et protégés par leurs boucliers de paroles, ils ont fait souffler un vent de tempête sur la table ouverte qui a viré à tribord. On se serait cru au Moyen Age. En les regardant de face, on s’est aperçu que celui qui portait à gauche était à droite ! Pas de quoi redorer son blason… 

 

 

La femme qui me rassure 

Lors d'une Fête des mères, j’avais invité ma femme au restaurant. Le menu était assorti d’un vin rouge en promotion: la cuvée du patron. Épaté par ce nectar mais privé de mes lunettes – déjà deux verres en moins… –, j'avais relevé tant bien que mal l’étiquette en griffonnant le nom, l’origine et le millésime.

Lors d'une visite de caves dans le Littoral neuchâtelois, j'ai déniché la même chopine trois fois moins chère qu'au restaurant. Selon les cafetiers, la marge de bénéfice est normale: il faut compter le service et les frais généraux, etc.
Je n’attendrai plus la Fête des mères pour remercier celle qui sait acheter au meilleur prix et gérer le ménage. Jamais elle ne compte son temps. 
Dans une ode à la femme, Serge Reggiani chantait pour Sarah: «C’est ma richesse, ma perle, mon bijou, ma reine, ma duchesse.» Pour ma femme, ce sera: «Si vous la rencontrez, le dos voûté sur les prix bas, ne riez pas, n’y touchez pas. Elle semble porter le fardeau des prix trop hauts qu’elle a dû fuir. Lorsque la nuit nous réunit, son corps, ses mains s’offrent au mien et c’est son souci d’économies sur les factures… qui me rassure.» 


 

La paix du mécréant 
 

En Suisse, les gens qui disent toujours non sont baptisés «Neinsager». Ils sont connus pour ensabler les rouages de la politique. Cependant, je viens de lire une étude sur la qualité de la vie qui affirme que tout individu a besoin de s’entendre dire non afin d’apprendre à mesurer ses limites. La personne qui répond oui du bout des lèvres est à plaindre. Sa vie devient un enfer si elle ne sait pas dire non. Ayant reçu une éducation où le non faisait l’objet d’une punition, je reste marqué par la peur de perdre la sympathie de mon interlocuteur éconduit. Mû par le sentiment du devoir, j’hésite à refuser une tâche sous peine de passer pour un minimaliste. Alors, les gens profitent de mes services parce qu’ils sont sûrs d’obtenir mon consentement. Ce constat me fait parfois envier les «Neinsager». Ils sont redoutés mais jouissent d’une paix royale. Ces mécréants-non-non déambulent la tête haute et sont considérés. Est-ce mérité? Le béni-oui-oui s’interroge. Alors, pour une fois, courageusement, il répond : «Non!» 
 

La société canine
L’initiative « L’animal n’est pas une chose » 

 

Dans une chanson, Jean-Jacques Goldman a parodié une scène de séparation où l’animal est traité en objet : «Je prends le poisson rouge, tu gardes le bocal.» Assimiler un animal à une chose n’est plus dans l’air du temps. Une nouvelle loi entrera en vigueur le
1er avril prochain: les animaux de compagnie seront considérés comme des êtres vivants, capables de sentiments. Evidemment ! Pourtant, un ménage suisse sur deux possède un animal. 490 000 chiens et 1,3 million de chats ont su faire leur place dans notre société avec leurs cliniques et salons privés, leurs supermarchés. Statistiquement, ils sont plus nombreux que les enfants et les adolescents! Beaucoup de personnes mal entourées ou délaissées doivent regretter de ne pas être venues au monde à quatre pattes. Alors, reste à prouver le bien-fondé de la nouvelle loi. L’héritier devra, sur l’honneur, s’occuper de l’animal que le défunt lui aura légué.
Gageons que les bonnes résolutions, même écrites, ne se réduiront pas avec les gamelles lorsque le pactole aura été reniflé…
 

 

Profit laxiste de l’eau 
Les drames de la route après des soirées bien arrosées viennent gonfler les statistiques. L’alcool provoque chez l’automobiliste une tendance à surestimer ses capacités. Il suffit de trois apéritifs ou d’une tournée de bières entre copains pour tutoyer le 0,8 pour mille. Les politiques parlent d’abaisser le taux d’alcoolémie à 0,5. Face à cette échéance, je me suis mis à l’eau du robinet. Seul à la table d’un salon de thé, je me heurte chaque fois à la même question lors d’une commande d’eau minérale: « Avec bulles, minibulles ou plate?» De l’eau, s’il vous plaît, il en tombe assez, non? Et au prix qu’elle est: il ne faudrait tout de même pas mélanger prophylaxie avec profit laxiste…
Dans les réceptions, les vernissages, les invitations privées et les mariages, je dois convenir qu’un bon verre de vin fait partie d’un art de vivre. Pour ce qui est de la convivialité, il est difficile d’abolir les verres
à boire qui, à mes yeux, sont des verres de contact… 


 

Les mots qui passent 
On se plaint parfois que la langue française est écornée par le franglais. Pourtant, à la lecture des quotidiens, à écouter la radio et la télévision, des néologismes sont apparus ces dernières années. Ces mots sont issus du grec et du latin et enrichissent notre vocabulaire. A consommer modérément de peur d’être incompris et les placer à bon escient : avant les votations, on souhaite obtenir le «consensus». Pour une fusion d’entreprise, on emploie «synergie» afin de camoufler «restructuration» qui sonne moins bien aux oreilles des futurs licenciés, pas en lettres ceux-là…
Pour conserver une entité de façon durable, on utilise «pérennité». Ce terme est employé à toutes les sauces et je félicite le linguiste qui a suggéré son usage. Peut-être est-ce simplement un éditorialiste qui a su, par sa faconde, enthousiasmer son lectorat. Mais la palme revient au journaliste qui a sorti le vocable à la mode: «monoparental». De tous les mots bâtards, c’est celui qui a le mieux réussi… 

 

Attention: mères ! 
Journée internationale «A pied à l’école», jeudi 3 octobre 2002 

 

Notre époque veut que les mamans conduisent en auto leurs enfants à l’école. Ces chérubins connaîtront-ils jamais les chemins de traverse de mon époque où l’on musardait avec les copains? Le hic, c’est que ces mères-taxis se sentent investies d’une fonction publique et croient que la route leur appartient. Elles s’arrêtent sur le trottoir pour faire descendre les bambins et forment une colonne de véhicules. Les automobilistes de passage n’ont qu’à faire attention ! Une fois ces femmes libérées, elles débouchent sur la route sans clignotant et traversent le bourg à vive allure. Vers midi, c’est le retour en trombe au collège. Comme elles se sont attardées au supermarché, elles «coulent» le stop, trop occupées qu’elles sont à avertir l’institutrice par natel qu’il y aura du retard. Les roues sur le trottoir, bien en face de la sortie, ces mères récupèrent leurs gosses. Elles craignent pour la sécurité de leurs rejetons, moi dans ma bagnole, je crains de croiser ces furies. Vive l’action «Pédibus» ! 
 


 

Fausse note à l’ouest 
Il n’est pas toujours aisé d’interpréter les langues. Une visiteuse du pavillon «Blindekuh», à Morat, où l’on se laisse guider dans le noir par un malvoyant, s’est insurgée que l’on puisse traiter la cécité de «vache aveugle». Dommage que les têtes pensantes d’Expo.02 se soient souciées comme de colin-tampon de la traduction de ce jeu : colin-maillard !
C’eût été plus poétique, avouons-le franchement…
Au cinéma, les titres de films ne sont pas toujours traduits littéralement. Le western «Il était une fois dans l’Ouest», de Sergio Leone, a été tronqué par «Spiel mir das Lied vom Tod» (joue-moi le chant de la mort). Lors d’un mariage, un animateur avait interprété «L’homme à l’harmonica», d’Ennio Morricone. Les mariés et les invités de souche alémanique s’étaient indignés: «Qu'est-ce que c’est cette Musik ?» Et l’homme-orchestre de répondre: «Es war einmal im West’». «Nein, nein, il ne faut pas jouer cet air-là, on ne veut pas mourir demain !»
Gageons que les jeunes mariés auront su rester plus fidèles que les traductions du musicien…
 Francis Choffat. 

 

La frousse ou l’envie
Vous offrez une bouteille de vin à un ami. Vous remarquez qu’il s’acharne à retirer le papier d’emballage sans l’abîmer dans le but de le resservir à une autre occasion, même chiffonné. Ce grippe-sou n’oubliera pas votre anniversaire, mais il vous enverra ses bons vœux sur une carte des aveugles. Ou sur de magnifiques aquarelles, peintes avec les pieds, dont le bulletin de versement pour les invalides a été égaré. Mais il n’y a pas que de petits profits ! «Toujours plus de gens voyagent sans titre de transport» m’a confié un contrôleur CFF. A son passage, ils n’ont qu’à inventer une histoire d’automate à billets. Une surtaxe de 3 fr. leur est perçue, au pire une majoration de 10% sur le prix de la course. Par contre, lors d’un contrôle sporadique dans un régional, l’absence de ticket est frappée d’une amende de 60 fr. Dans l’express Neuchâtel-Yverdon, un voyageur s’est vanté que seuls les froussards payaient ! En effet, pour 3 fr. de plus, cela ne va pas grever son train de vie…


 

Fermez la fenêtre! 
Les technologies modernes exigent la compréhension d’une terminologie spécifique. Le message qui apparaît sur l’écran de l’ordinateur: «Fermer les fenêtres», ne signifie pas qu’il faille fermer celles du bureau. Un débutant avait eu cette réaction alors qu’il avait froid. Un élève a pris peur lorsqu’on lui a dit d’appeler la police; il s’agissait de la police de caractères dont il fallait cliquer dessus.
«Veuillez prendre la souris», est un ordre qui a fait frémir une dame dans un cours du soir. Mais il n’y a pas que le jargon de l’électronique qui réserve des surprises, la nouvelle technologie aussi. On raconte qu’une secrétaire avait mentionné au bas d’une télécopie: «Veuillez me renvoyer ce fax car j’en aurai à nouveau besoin pour travailler», ou celle qui a fait une photocopie avant de l’expédier «pour conserver l’original».
Tiens, ce Noël, je vais envoyer des fleurs à la demoiselle de mon Combox, pour ses bons services et sa jolie voix… 

 

Entregent, entrejambe
A notre époque, on doit sans cesse se remettre en question sur le plan professionnel. On ne peut plus guère exercer le même métier toute une vie. En postulant, il s’agit de peaufiner son curriculum vitae qui sera examiné de près par un chef du personnel zélé. Ce dernier aura l’embarras du choix pour trier les offres d’emploi croulant sur son bureau. Il faut donc être performant, le meilleur candidat. Mais comment s’y prendre le jour du rendez-vous aux Ressources humaines (RH)? Notre attitude, notre parler et notre habillement entreront en jeu. Etre sûr de soi sans trop bavarder, car une personne qui parle trop passe souvent pour celle qui n’a rien à dire. Employer les mots justes en n’ayant pas peur des silences entre deux réponses… la bonne ou la mauvaise.
La jeune postulante du mois passé, bien moulée dans sa minijupe, a su assortir son habillement à l’entretien : ils furent assez courts pour garder l’attention et assez longs pour couvrir l’essentiel…
 


 

Les brumes du cerveau
Dans ses rêves nocturnes, un artiste m’a confié qu’il peint de magnifiques tableaux qu’il n’a jamais su reproduire sur la toile avec la même satisfaction. Entre gens de plume, chacun reconnaît que c’est la nuit que l’inspiration est la plus féconde. Dans un demi-sommeil, les pensées, le sens et la syntaxe semblent parfaits. En rechignant à se lever pour coucher ses idées, on prend le risque de tout perdre. En tout cas, au matin, le fil est cassé: on n’écrit pas deux fois la même histoire!
C’est en salle de réveil, après une opération, que j’ai composé dans ma tête le meilleur papier de ma vie. J’en avais pourtant rédigé d’autres lors de longues nuits d’insomnie où j’avais préféré m’installer à l’ordinateur plutôt que de me retourner cent fois dans mon lit. Mais le texte pondu à l’hôpital surpasse tous les autres. Hélas, il s’est envolé dans les brumes de mon cerveau!
C’est pourquoi, cher lecteur, mon meilleur «Air du temps»*, c’est celui que vous ne lirez jamais !
 
* Rubrique paraissant dans «Le Journal du Jura», page Magazine+Météo. 


 

Les derniers vers 
Des vacances éternelles sur un lopin cinq-étoiles 

En analysant les paroles de certaines chansons, on s’aperçoit que seule la musique les a sauvées. Dans Notre-Dame de Paris, quand «Belle» danse et qu’elle met son corps à jour (au lieu de: au jour), Victor Hugo doit se retourner dans sa tombe ! Dans l’autre comédie musicale Les Dix Commandements, un titre est même empreint d’une faute capitale: «La peine maximum»…
Dans sa chanson «Qui a le droit», Patrick Bruel ne joue qu’avec des mots creux pour des gamines en crise d’identité, atteintes d’incontinence émotive. Fuyant cette faiblesse de fond, on se rassure à l’écoute de «La Bohème» d’
Aznavour, en récitant des vers, groupés autour du poêle, en oubliant l’hiver et… les mauvais paroliers.
En relisant la «Supplique pour être enterré à la plage de Sète», je médite sur la mort. J’imagine, comme Brassens, une ondine avec moins que rien de costume qui, prenant ma butte en guise d’oreiller, viendrait gentiment sommeiller. «J’en demande pardon par avance à Jésus, si l’ombre de ma croix s’y couche un peu dessus, pour un petit bonheur posthume.» Finir bouffé par des vers pareils, c’est le pied !

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