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© Carnet de maladresses 2004 (No 4)

8 Juillet 2005 , Rédigé par Sifranc le correcteur Publié dans #© Carnets de maladresses

Préface  

 

Nous nous fréquentons, Francis et moi, sous le double amour des mots et des notes: quand on prend des notes on joue des mots et quand on chante des mots on joue des notes!
Le premier des Francis que j’ai rencontré est le Francis musicien, l’homme-orchestre nourrissait une grande passion pour la langue, qu’il avait d’ailleurs bien pendue. Sa logorrhée n’avait de cesse que dans ses solos d’harmonica! Mais l’homme est jovial, convivial, et son français, sans fautes, pas trivial – faut-il rappeler qu’il est correcteur? – on ne peut donc pas l’accuser d’avoir mauvaise langue! Et pourtant… Francis traque les petits travers et les grosses bêtises de nos comportements et de nos dires. Cela ne plaît pas à tout le monde! Eh non, pour supporter la satire, il faut de l’humour! Que les pisse-froid qui ne tolèrent pas qu’on fasse des gorges chaudes de leur tiède insignifiance lisent autre chose que ce carnet… la posologie d’un médicament contre la constipation par exemple! Moi, au contraire, je suis friand de l’art de ne pas ménager les gens en les passant à la moulinette du rire, surtout quand c’est concocté, comme par Francis, avec les saveurs de l’esprit, assaisonnées au grain de sel de la fine observation et pimentées de quelques épigrammes de franches gauloiseries! Sans vouloir en faire un plat, j’ajouterai que le festin est très digeste, car toujours bienveillant! Et je choisis «l’arme honnie qu’a» Francis, plutôt que la musique à Bush! Les maladresses de Francis sont l’écrit du cœur! Alors, bonne lecture sensible...
                    
Gérard William

 

Mon ami jongleur de mots, musicien, comédien, metteur en scène

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On a perdu le fil…


Munis de gants de vaisselle, les volontaires accourus au chevet des plages galiciennes n’ont même pas trouvé l’appui des autorités espagnoles pour l’hébergement. Faute d’argent?
Suite au naufrage du pétrolier Amoco-Cadiz en 1978, des millions avaient été versés aux 90 communes bretonnes victimes de la marée noire. Mal gérés, ces fonds ont davantage servi à colmater des trous budgétaires qu’à protéger l’environnement. En même temps, au Salon des inventions de Genève, on testait un appareil transformant de l’eau mazoutée en eau potable…
En 2002, pas de grandes découvertes à signaler si ce n’est le gaz de théâtre que les Russes ont expérimenté sur des spectateurs, tandis que les Américains étaient à l’anthrax entre deux scènes du Grand-Guignol. Après l’invention du cracher de noyau de cerise sur le gâteau, relevons le crash d’une fusée capable de pulvériser 990 millions en trois minutes.
Gageons que l’humanité retrouvera un jour le fil… d’Ariane! 



Le feu virtuel 


Au Canada, une chaîne de télévision a diffusé un feu de cheminée en direct pendant quatre heures. On peut même acheter la cassette vidéo qui a connu – comme le foyer – un bon tirage: 100 000 exemplaires ! L’émission a décroché la timbale. En quête d’Audimat, la Télévision suisse romande aurait l’embarras du choix dans ce créneau, les sujets ne manquant pas: le lac de Neuchâtel avec un coucher de soleil se noyant dans le trou de Bourgogne; une partie de pêche à la ligne où l’on verrait le bouchon frétiller, garantissant le suspense comme dans un Derrick: mordra ou mordra pas? Imaginons un téléfilm représentant un aquarium de poissons exotiques avec en plan fixe leurs pérégrinations dans des alcôves artificielles. Si le téléspectateur en est arrivé à se contenter d’une image virtuelle, c’est qu’il en a marre des actualités distillées en boucle sur EuroNews. Il tremble pour ses enfants. La petite lucarne pourrait afficher le logo rouge en continu ! 


Muet comme une carte 


A une époque pas très lointaine, avant d’entrer dans une cabine téléphonique, il fallait préparer son sac de monnaie. Comme les appareils se faisaient cambrioler, les PTT ont instauré les fameuses cartes à prépaiement. Les premières séries s’enfilaient dans le sens de la largeur, rendues caduques par une transformation sans préavis des automates: la carte s’enfile dès lors par le côté. Mais gare à son expiration ! Pourquoi donc une date butoir? Pour obtenir une explication, il faut composer le numéro d’une hot-line au préfixe 0800. Une voix féminine de synthèse vous accueille: «Bienvenue chez Swisscom; appuyez la touche interactive du service concerné; (petite musique); veuillez patienter, on vous passe le service; temps approximatif malheureusement de cinq minutes environ (petite musique bis), puis publicité pour la hot-line que vous êtes en train d’appeler, à votre disposition 24 h / 24.»
En exposant votre problème et en répétant votre question à chaque spécialiste qu’on vous refile, c’est vous qui expirez : vous restez muet comme une carte…
A force de réduire son personnel et ses prestations, le géant bleu vous laissera un jour sur la touche ! 


Le prix d’une vie

 
Les Français aiment les statistiques truffées de clichés pour donner de l’impact aux chiffres. On apprend dans une étude que le nombre d’accidents mortels sur les routes de l’Hexagone est apparenté à un crash d’un Concorde chaque semaine. L’avion supersonique, entré d’abord dans la légende, puis dans un hôtel (disons à une encablure…) et ensuite au musée, a été utilisé dans ce sondage quand il faisait encore le plein avec 92 VIP à bord. L’enquête compare ensuite le bilan semestriel avec les tours jumelles de New York. Par année, c’est l’hécatombe, assimilée à un conflit armé en déplorant 8000 morts en 2002.
Un livreur de pizzas a été suivi dans les rues de Paris par une équipe de tournage. Le film a révélé que le motocycliste était plus soucieux de sa livraison que du code de la route. Il a grillé les feux rouges, roulé à contresens, sur les trottoirs, coupé la priorité et failli renverser plusieurs piétons sur des passages cloutés. Tout ça pour une pizza… est-ce le prix d’une vie? J’avoue que cette pâte, nappée de tomate, surmontée de jambon et de fromage – avec ou sans champignons –, peut être excellente. Pourtant, exiger de se la faire livrer absolument chaude peut conduire à ce que le pizzaiolo soit froid.
Avec ou sans les honneurs ! 


Le chiffre 7  


Les astronautes qui ont perdu la vie dans la navette Columbia étaient au nombre de sept. Ce chiffre mythique a traversé l’Histoire. Ces sept mercenaires de l’espace possédaient probablement les sept vertus requises: la charité, le courage, l’espérance, la foi, la justice, la prudence et la sagesse. Mieux que nos sept Sages !
Une association française pour la sauvegarde du bien-manger a adressé au pape une supplique pour que le terme «gourmandise» soit remplacé par «gloutonnerie» dans la liste des sept péchés capitaux qui sont : l’avarice, la colère, l’envie, la gourmandise, la luxure, l’orgueil et la paresse. Dans d’autres langues, le terme incriminé traduit mieux la «gloutonnerie» ou la «goinfrerie». Malheureusement, Lionel Poilâne, célèbre boulanger et fondateur de «La question gourmande», a péri dans un accident d’hélicoptère sans connaître la sentence de Jean Paul II. Ayant connu le même destin que les sept astronautes, osera-il demander à saint Pierre d’abolir le vol ? 



Les quatre vérités  


Souvent il m’arrive de me lever du bon pied pour affronter la journée. Mais je ne connais pas à l’avance les ennuis qui vont me tomber dessus. Comme d’habitude, je prends mon café devant le petit écran ; j’appuie sur la télécommande pour suivre
«Les 4 Vérités» de Télématin sur France 2. Soudain, l’image se brouille. Optimiste, je pense à une panne de réseau. Mais je dois me résoudre à emmener mon poste TV à l’atelier de réparation. Au magasin, il m’en coûte déjà 60 francs pour établir un devis. Convaincant, le vendeur me fait comprendre qu’il vaudrait mieux changer le «vieux» téléviseur par un neuf. «Voyez notre catalogue et les offres du mois, me lance-t-il, ainsi vous économiserez les frais du devis.»
Je me souviens que mon magnétoscope VHS avait subi le même sort. A notre époque, on ne répare plus, on nous encourage à jeter…
Je contemple dans un dernier adieu cette relique d’à peine cinq ans. Le sigle «hi-fi» argenté qui trône sur le devant de ces engins audiovisuels me nargue et me toise comme on toiserait un cocu. Pas de doute, c’était bien l’heure des quatre vérités : la haute fidélité n’existe plus! 


A quoi bon s’enrichir !  


Dans la banlieue de Dijon, le bureau de tabac «Les Trois-Saffres» a fait parler de lui sans le vouloir. Il a délivré un bulletin de loto à un mystérieux client qui a coché les six bons numéros, plus le complémentaire ! C’était le 28 décembre 2002 et la providence a voulu qu’en période des Fêtes la supercagnotte fût dotée de 3,5 millions d’euros ! Le pauvre bougre avait misé la modique somme de 6 euros... Distrait mais pas très discret, il a remué le pays entier, car, soixante jours plus tard, soit le 27 février 2003 à minuit, il ne s’était toujours pas fait connaître à la Française des Jeux malgré le battage médiatique lancé autour de cette affaire incroyable !
Les clients du kiosque y vont tous de leurs commentaires et hypothèses.
Quant au couple de gérants, il redoute qu’une personne éplorée vienne un jour présenter le coupon périmé. On pourrait alors mettre un visage sur l’inconnu. Dommage, ça pourrait casser les rumeurs au Café des Commères…  

 


Combat pour l’amour  


C’est l’printemps, la saison des amours ! De vilains crapauds traversent la chaussée pour aller draguer des grenouilles coassant aux fenêtres. Mais le racolage est interdit. Les passes sont tolérées… en cachette. A Paris et Zurich, les autorités vont bientôt punir le client, comme en Suède !
Dans le monde animal, les pérégrinations des batraciens ont commencé. Les grenouilles se rendent sur leur lieu de ponte au péril de leur vie. Les associations de protection des animaux ont lancé un appel à la prudence. Pour éviter d’écraser les amphibiens, l’automobiliste devrait zigzaguer, mais comment faire avec un taux de 0,0 0/00 dans le sang ?
Des bénévoles ont érigé des murets au bord de certaines routes. Ils recueillent les bestioles pour les reconduire au marais. Il paraît que des vauriens en profitent pour se servir. Ils repartent, le coffre plein de cuisses fraîches. Pauvres crapauds, passer à la casserole lors d’un périple amoureux... Faire l’amour, serait-ce devenu le parcours du combattant ? 


Vive l’eurofrançais ! 


Absents de la zone euro, nous aurons quand même droit, nous les Suisses, à l’eurofrançais. C’est un e-mail, reçu le 1er avril, qui l’affirme. Voici la réforme établie sur cinq années.
An 1 : les sons «s» seront remplacés par «z» alors que «k» se substituera à «c» et «q», ze ki permettra de zortir de la konfuzion aktuelle.
An 2 : remplazement du «ph» par «f», ze ki aura pour effet de rakourzir un mot komme fotograf.
An 3 : des modifikations plus draztikes zeront pozibles, notamment la zuprezion des lettres doubles et des «e» muets, zourz de konfuzion.
An 4 : les gens zeront devenus rezeptifs à des changements majeurs, tel ke remplacer «g» par «ch» ou «j» par «k», ze ki zimplifira davantach l’ékritur.
An 5 : le «b» zera remplazé par le «p». Le «v» sera auzi apandoné, au profi du «f». Efidamen, il y aura moins de touch zur le klafié. Une foiz en ordr, l’ortokraf zera enfin lochick. La réchion la mieu préparé est l’Alzaz : les chens le pratik décha kouramen. Pour les autres, ponchour l’ankoiz ! 



Le grand saint Bernard  


Les scénaristes de téléfilms regorgent d’idées. Dans les polars, l’inspecteur de service voue à sa profession un attachement hors norme, se lançant dans des filatures interminables. Le téléspectateur aime ce genre de police où le mot ripou est absent du vocabulaire verlan. D’autres séries TV occupent un avocat désintéressé qui s’acharne à prouver l’innocence de son client sans le sou. Parfois, l’acteur principal est un toubib. Dernièrement, on a vu Véronique Jannot dans le rôle d’un médecin généraliste, acoquinée à un chirurgien. Le couple s’est démené pour protéger un loubard blessé par balle. La doctoresse a même été bâillonnée, séquestrée et agressée quand elle n’obtempérait pas aux ordres d’un Beur refusant d’appeler une ambulance pour son frère.
Les faiseurs de téléfilms viennent de recruter un ex-taulard pour incarner un inspecteur. Il se nomme Valence… (rien à voir avec Valenciennes). L’acteur en question – au civil : homme d’affaires, écrivain, animateur, chanteur –, joue au flic après avoir volé… au-dessus d’un nid de coucou au théâtre. Que connaît ce personnage, tapi à l’ombre, des énigmes policières? «Bon Dieu, mais c’est...  bien sûr!»,  avec un nom comme ça, il reste collé au parquet, entouré de plinthes… Sur la trace de Simon Templar, il fera un bon saint-bernard !

 


La paix des chaumières  


Depuis la guerre en Irak, on n’a jamais autant milité pour la paix. Des drapeaux arc-en-ciel la prônent en italien (Pace) et en anglais (Peace). Dans un petit village bien de chez nous, certains propriétaires de villas ont pavoisé. A côté du drapeau rouge à croix blanche flotte l’arc-en-ciel dont le dégradé de couleurs ressemble étrangement à l’étendard érigé dans les Gay Pride. Mais là, il n’y a pas d’ambiguïté, c’est bien la paix qu’on réclame dans ce quartier engazonné et le chemin orné d’une pancarte dont la première lettre est aussi P, comme Privé. Loger dans ces résidences individuelles donne l’impression de vivre dans un havre de paix. Certes, il y a bien eu la plainte pour le chien qui s’est lâché plusieurs fois dans le jardin du voisin. Il y a eu également l’histoire des gamins qui ont sali la façade avec leur ballon plein de boue. On passera sous silence le raffut du vélomoteur de l’adolescent qui s’est rentré à 1 h du matin. Les résidants ont aussi connu la terrible guerre des tondeuses à gazon. Mais le pire à supporter, c’est le pacifiste bariolé qui fait la gueule à son voisin depuis 20 ans pour un droit de passage ! 
 


La peur du salaire  


Madame Paulette s’active de bon matin. Elle ouvre son kiosque et prépare les présentoirs à journaux. Au passage, elle salue les lève-tôt qui lui adressent un signe amical. Dès 6 h, les premiers cafés sont versés dans les tasses tandis qu’elle se décarcasse. C’est comme dans «Paris s’éveille». Vers 10 h, un monsieur respectable vient valider sa feuille de chômage. La patronne du kiosque lui fait remarquer qu’il est interdit de tamponner deux fois de suite, car il est déjà venu il y a une vingtaine de jours. «Vous savez que je peux avoir de sérieux ennuis avec l’Office du chômage si j’abuse du tampon», prévient-elle gentiment. L’homme, résigné, s’en va avec sa formule pliée en quatre, enfilée à la va-vite dans la poche de son veston. Un mois plus tard, il revient acheter deux cartouches de cigarettes. En payant, il exhibe à nouveau sa fiche dont le timbre d’un employeur potentiel prouve qu’il cherche bel et bien du travail. «Je vous engage, lui lance Paulette. Vous pouvez commencer demain. Ouverture du kiosque à 5 h 30, servir les cafés dès 6 h.» Le monsieur est parti pour de bon. 
 


L’intelligence en bocal

 

On dit que la culture, c’est comme la confiture: moins on en a, plus on l’étale. Les jeux télévisés permettent à des candidats de mesurer leur culture générale. Il en est des brillants dans Questions pour un champion, hélas mitraillés par un Julien Lepers qui stresse. Un jeu d’un grand niveau est celui présenté par Patrice Laffont appelé La Pyramide. Là, on n’est pas massacré par Laurence Boccolini, déguisée en juge et qui officie dans le Maillon faible. Mais la palme du succès revient à Jean-Pierre Foucault qui sait entretenir le suspense dans Qui veut gagner des millions? Ce présentateur laisse le temps aux gens de répondre. Ils peuvent même consulter l’avis du public. L’invitée de ce jeu, Amanda Lear, a trébuché sur l’orthographe de «maître queux». Elle et son partenaire ont gaspillé le joker du 50/50 et celui de l’appel téléphonique. De l’autre côté du fil, un prétendu érudit a proposé «maître queue» !
Pour reposer nos méninges, il y a heureusement TelesCoop sur la TSR. Tout en posant les questions, l’animateur fait de la publicité. Si c’est pour de la confiture en action (sic), il n’y a plus qu’à l’étaler… 



Les grandes vertus  


Les petites annonces du cœur étalent dans la presse les grandes vertus de l’humanité: «fidèle, aimant la musique, la natation, le cinéma, les promenades en forêt, les animaux et la danse.» Il en est de même des articles nécrologiques qui encensent les disparus. Des personnes d’exception !
Au chœur mixte de mon village sévissait un bourdon assidu. Gentil, il apportait souvent une bouteille de vin aux répétitions. Devenu membre d’honneur, il était félicité et recevait un bouquet de fleurs lors du concert annuel. Il était aussi actif au match au loto puisqu’il prouvait ses qualités vocales en criant les numéros. «Membre dévoué et exemplaire», voilà à quoi ressemblera sa nécrologie. Cependant, personne n’aura eu le courage de lui signifier qu’au studio d’enregistrement, l’ingénieur du son avait discrètement débranché son micro pour ne pas gâcher le CD de la chorale. L’hommage posthume au bourdon relèvera toutefois son oreille musicale. Dans sa famille, on dit même qu’il avait la musique dans le sang. Dommage que la circulation fût mauvaise. En effet, c’est un tout petit caillot qui vient d’emporter le grand homme! 

 


La foi de l’inventeur  


«Les lieux saints sont désertés, c’est à l’église de se rapprocher du peuple.» Fort de ce constat, un Anglais a cru recevoir un appel du Ciel pour créer le rapprochement. Est-ce que Jésus aurait chassé le marchand du temple Michael Gill, l’inventeur d’une église gonflable qu’il transporte par camion sur commande tarifée? En tout cas, le souffle divin ne suffit pas, c’est des machines qui se chargent du gonflage. Trois heures sont nécessaires pour dresser l’édifice sur ses 14 mètres. L’église gonflable peut accueillir 60 ouailles dont douze seulement trouveront un siège en PVC. Et ça marche, puisque les couples se bousculent pour unir leur destinée. Quelle idée saugrenue de vouloir convoler dans un édifice religieux en plastique sans la résonance d’un véritable orgue amenant la chaleur propice au recueillement ! Ce brave Gill a-t-il pensé à la flèche de Cupidon qui, mal décochée, pourrait trouer la paroi de polyvinyle, transpercer la chaire et les faux vitraux?
Prions pour que la cérémonie nuptiale se passe bien. Pour le meilleur! Le pire serait qu’au moment du oui fatidique la mariée se dégonfle… 



Un marché de dupes 


Pendant la préhistoire, le troc était le seul moyen d’échange. Au début de la civilisation est apparue la dot. Le prétendant, néanmoins amoureux, devait montrer patte blanche en demandant la main de la jeune fille. Imaginons le dialogue qui avait cours pour mener à bien ce… compromis : «Je vous jure que c’est uniquement sa main qui m’intéresse !»
De nos jours, les civilités ont disparu, le troc aussi. Par contre, la tendance du commerce est de faire croire que l’article est donné… comme les «printers» d’ordinateurs. Hélas, en remplaçant les deux premières cartouches d’encre au prix fort, vous payez l’imprimante une deuxième fois.
Au rayon des cosmétiques, les lames de rechange sont si chères que les barbus ont tôt fait de rembourser les rasoirs lancés à un prix dérisoire.
Mais le plus flagrant de ces marchés de dupes, c’est celui du natel. Le téléphone portable est offert à la signature du contrat. Les communications onéreuses vont vite rembourser l’opérateur mobile. Dans cette espèce de troc des temps modernes, on n’est pas loin de cette transaction éculée: «Si tu me donnes ta montre, je te donne l’heure!» 

 


Recherche de paternité


Les séances de cinéma de mon enfance sont restées gravées dans ma mémoire. C’était jour de fête quand le Cinématographe des frères Bersot affichait des matinées pour enfants. Laurel et Hardy ainsi que les films burlesques avaient la cote. Je me souviens d’une scène où un petit garçon, depuis une cave, aspergeait à la sulfateuse les pieds des passants. Un soupirail était situé juste en dessous d’une vitrine de magasin. Le piéton constatait soudainement que ses chaussures étaient sales. Tout par hasard, un cireur de souliers proposait ses services au bout de l’avenue. Il était complice de l’enfant.
Dans The Kid, Charlot répare les vitres brisées par le gamin qu’il a adopté. Un scénario réalisé en 1921…
A notre époque où les murs se colorent pendant la nuit, on se demande s’il n’y a pas des pères intéressés, spécialistes en peintures et vendeurs de sprays. Ou des papas représentants en réfection de façades, peut-être marchands de produits anti- tags. Saura-t-on un jour si les jeunes pirates en informatique
– les hackers – étaient de connivence avec les concepteurs de programmes antivirus?

 

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