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© Carnet de maladresses 2005 (No 5)

8 Juillet 2005 , Rédigé par Sifranc le correcteur Publié dans #© Carnets de maladresses

Le site de mon ami Daniel le magicien 
http://www.animation-daniel-juillerat.ch/

Préface  

Cher Francis,
Tu me fais l’amitié de me demander de te préfacer ce cinquième recueil de maladresses. J’en suis à la fois honoré et effrayé. En effet, comment ne pas avoir l’air ridicule face à ton sens aiguisé du verbe et de l’observation? Tu te «plains» de ta petite taille dans ton ouvrage, alors que tu es un auteur à la hauteur et que je ne t’arrive pas à la cheville.
Chacun reste un artiste dans son domaine avec sa verve respective. Mais un artiste est une personne sensible. Et ce cinquième cahier m’interpelle par son chiffre 5.
Les 5 doigts de la main pour le rédiger, les 5 sens pour le savourer à sa juste valeur et les 5 branches de l’étoile qui caractérisent tellement le firmament et la consécration que nous recherchons tous dans notre art.
Je te dirai simplement pour conclure que, comme il ne faut jamais remettre à demain ce que l’on peut faire d’une seule, je multiplie 5 par 2 pour obtenir 10, car c’est le nombre de doigts qu’il me faut pour t’applaudir et te féliciter de ce nouvel ouvrage qui nous régale.
Vive 5-Francis et en route pour les 5 suivants! 
 

Daniel Juillerat,
fantaisiste-animateur

 

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Avertissement 
  

Certains de mes textes sont à lire au deuxième degré. Mais que signifie exactement ce terme? Le deuxième degré, c’est simple à comprendre: quand on vous dit qu’il y a 1,8 enfant par couple en Suisse, ce n’est pas un enfant entier avec un morceau après la virgule. C’est une moyenne qui indique, malheureusement, qu’il n’y a plus assez de gens fortunés en Suisse pour se permettre d’élever deux enfants. Je vous retrouve juste après cette pause publicitaire.

(Espace publicitaire non reproduit ici)

Certains en ont fait un troisième par accident et ça donne des moyennes bizarres. Il y a aussi certains parents qui s’obstinent à faire la paire. La quête de la parité est parfois plus vigoureuse que la recherche en paternité. Sauf peut-être si les derniers de nichée ne ressemblent plus aux premiers…
Il y a des gens très fermés qui n’arrivent pas à imager, tout doit être concret et palpable. Dans le domaine de l’art, si les premiers degrés se mettent à penser, ils disent: «On ne voit pas ce que ça représente.»
Dans les séries américaines distillées à la TV, ils connaissent par contre tous les épisodes et le nom des acteurs. Ils aiment suivre les sitcoms parce que c’est marrant, on leur signale même quand il faut rire. C’est très pratique quand on est du premier degré. Ils suivent assurément Loft Story. Là, le premier degré est roi. Comme pour un plat précuisiné, le poste TV se mue en micro-ondes. Les dialogues, les répliques sont fades.
Il n’y a pas de goût, pas de mots d’esprit. Si, par hasard, je devais être enfermé dans un loft, je m’amuserais à faire des contrepèteries. Le taux d’écoute se mettrait à flancher et l’audimat serait au plus bas. Je serais sûrement viré le troisième jour, mais je saurais enfin que j’ai pratiqué du deuxième degré…
Sur ce, retrouvez-moi sur la page suivante.               L'auteur

 

Dérision sur les appels téléphoniques surtaxés

 

Sonnerie pour les cloches  

( 4 fr. / min ) 
 

20 ct.  Les sonneries de natels rapportent beaucoup d’argent 
40 ct.  aux opérateurs mobiles. Par voie d’annonces, ils  

60 ct.  proposent des mélodies par SMS surtaxés. Un jeune 
80 ct.  a tellement dû patienter au bout du sans-fil qu’il a  

1 fr.     payé 150 fr. la musique du film Titanic. Pourquoi vouloir 
20 ct.  une mélodie complète alors qu’on va l’interrompre tout 
40 ct.  au plus 5 secondes après qu’elle aura retenti? 
60 ct.  Sachez qu’il est possible de composer soi-même son 
80 ct.  air préféré en bidouillant dans la fonction «compositeur» 
2 fr.     du portable. Logique, le chiffre 4 indique la note fa, etc., 
20 ct.  l’étoile définit l’octave. Pour les bémols, seule la touche 
40 ct.  dièse permet d’y accéder: on parlera alors de ré dièse, 
60 ct.  sol dièse et la dièse. Les touches 8 et 9 raccourcissent 
80 ct.  ou prolongent la note. Le tempo se règle en BPM, 
3 fr.     battements par minute allant du slow (40) à la valse 
20 ct.  rapide (225). Ainsi, cher lecteur du Carnet de 
40 ct.  maladresses, vous saurez, par ces quelques lignes 
60 ct.  payantes, esquiver une escroquerie par natel. Relisez 
80 ct.  cinq fois mon texte afin que je puisse 
4 fr.     encaisser au moins 20 balles. Avouez qu’un Carnet de 
20 ct.  maladresses à ce prix et pour un an, ce n’est pas cher et 
40 ct.  vous vous épargnez une... çonnerie ! 

 

Note de Sifranc: ce truc n'est plus possible sur les nouveaux modèles

 

 

Amende honorable    

Alors que tout va très vite et qu’on n’a plus le temps de tergiverser pour des broutilles, il subsiste une ethnie en voie de disparition: les fonctionnaires tatillons. Celui que je dépeins ce jour m’est très sympathique, car il ne travaille pas aux impôts: c’est un bibliothécaire.
Un étudiant lui avait emprunté plusieurs ouvrages de sciences économiques et sociales. Mais il a pris du retard pour restituer un bouquin traitant de la toxicomanie, car il avait planché dessus pour écrire son mémoire. Il a été frappé d’une amende de 10 centimes. C’est le tarif en vigueur: dix centimes par livre et par jour de retard. Ayant déjà préparé la pièce de deux sous, l’étudiant la déposa sur le bureau et reprit son sac à dos pour s’en aller, arguant qu’il n’avait pas besoin d’une quittance. Mais il fut obligé de signer une fiche: une formule en bonne et due forme doublée d’un papier carbone, rehaussée d’un en-tête libellé dans les quatre langues nationales. «Reçu de Monsieur… la somme de dix centimes, <pour acquit>, la date et la signature du lecteur, deux tampons… le premier: <taxe de rappel>. Le second: <Bibliothèque publique et universitaire de Neuchâtel>.»

 

 La peur des nouveautés  

Groupés autour du poste à galène, mes aïeuls tendaient l’oreille pour suivre les nouvelles. Ils vivaient les débuts de la radio! Quand les enfants chahutaient, le père réclamait le silence avec autorité: «Ils vont vous entendre à la radio!» Il est vrai que les nouveautés ont toujours inquiété.
De mon clavier d’ordinateur, je me connecte sur Internet*. Mon natel*, en panne d’argent, traîne sur le bureau. D’un coup de souris*, via le télépaiement*, ma banque en ligne débite une somme rondelette dans le mobile*. Qui aurait cru ça il y a dix ans?
L’article que vous lisez a été tapé sur cet ordinateur et envoyé par e-mail* à la rédaction du JdJ en une poignée de secondes. Saisi dans le système informatique, il s’est couché enfin sur le papier de la rotative. Ensuite, les textes ont été canalisés sur la Toile*. Le journal virtuel* pourra être lu dans le monde entier grâce au Web*. L’évolution aidant, vers 2020, je n’imagine plus que des internautes* obèses passant commande de leurs victuailles par e-shop*. Le livreur sonne à la porte. «Entrez! Mettez tout au congélateur, je suis en train de chatter*.» En ne pratiquant que le surf*, ils auront l’index musclé, un gros ventre et des jambes… en pâte à modeler.

* Mots entrés dans le Larousse 2004.

 

 

 

L’automate qui parle...  

Un instant, s.v.p., je vous passe mon robot ! 

 

Dans mon enfance, le téléphone ressemblait à une boîte noire surmontée d’une fourche. Mais une fois branché par l’employé des PTT, il était déjà opérationnel: il suffisait de tourner le cadran numéroté. De nos jours, l’achat d’un téléphone, c’est plus compliqué. Il faut faire la queue dans un «shop». L’anglais est de rigueur: pour bottin, on doit dire «directories». Choisir le bon modèle suréquipé de fonctions et lire le mode d’emploi: régler l’heure, la date, le réveil et la langue. Ensuite, on doit entrer un code secret. On peut même introduire dans la mémoire interne de l’appareil un annuaire personnel avec fonction «one touch»: c’est pratique et rapide, mais on ne connaît plus un seul numéro par cœur...
Mais la grande nouveauté est le service de Swisscom qui offre, à ses fidèles abonnés exclusivement, la fixnetbox. C’est un répondeur qui lit aussi les e-mails. Via Powergate, un site sécurisé sur Internet, une voix de synthèse baragouine vos textes. Les robots ont débarqué: on est entré de plain-pied dans l’ère de la non-communication!

Les 24 et 25 janvier 2004, les lecteurs du «Journal du Jura» pouvaient appeler mon répondeur téléphonique. Un enregistrement de cet article lu par une voix de synthèse les a fait rire aux éclats. 
Vous pouvez tester le module ci-dessous en copiant votre texte.

Lien:

Le robot qui lit vos textes

 

Le silence des ados    

Les fêtes de fin d’année sont terminées. Les flonflons résonnent encore aux oreilles de certains fêtards car les disc-jockeys poussent toujours la table de mix au max. Pour s’amuser, les jeunes du 3e millénaire ont besoin de se retrouver dans des discothèques où l’on ne s’entend plus hurler. Dans quelques années, leurs tympans auront accusé tellement de décibels qu’ils souffriront de tinnitus. Cette perturbation irréversible de l’oreille interne génère des bruissements, chuintements, bourdonnements ou sifflements qui empêchent d’écouter le silence. Cela engendre à ceux qui en souffrent des difficultés d’endormissement. La première chose qui réapparaît au réveil est – bien entendu – le tinnitus, appelé aussi acouphène.
Des joyeux drilles, disséminés entre Paris, Londres et New York, ont eu la bonne idée d’organiser des «Quiet Parties» dans des établissements publics. Chaque participant a reçu l’injonction de se taire en touchant à l’entrée un bloc-notes et un crayon. Les seuls bruits autorisés: le cliquetis des glaçons dans les verres, les éclats de bouchons et de rires inévitables, ainsi que les murmures au bar.
La réussite de ces soirées va sûrement faire du bruit...

 

La marionnette de Mme 

Souvent, les revues féminines accusent le mâle de tous les maux. Il faudrait que monsieur, en rentrant de son turbin, termine une pile de repassage laissée en plan. Autrefois, le rôle du père était de lire le journal dans son fauteuil en attendant d’être servi ou de fesser les enfants pour affirmer son autorité. Après le souper, il courait à sa société de chant pour la répétition. Mais l’époque où le macho pensait: «L’homme descend du singe, la femme descend du linge» est bien révolue. L’homme du XXIe siècle donne aussi un coup de main à la buanderie et aux courses. Parfois, il est manipulé comme un pantin. J’ai un ami qui est à plaindre. Chez lui, tout est automatisé, les plats préemballés passent du congélateur au micro-ondes, les assiettes sont balancées dans le lave-vaisselle. L’épouse de mon pote a toujours moins à faire, mais elle délègue. Elle a même le temps de lire les magazines de la femme libérée qui lui suggèrent de traiter son homme en... mari honnête…

 

 

A l’ombre du mari jaloux 
 

Une semaine après les fastes de la Saint-Valentin, où chaque mâle a tiré à soi la couverture de lit pour proclamer «j’suis l’meilleur!», que reste-t-il de ces amours chevaleresques?
Fier comme un paon, le Roméo du 14 a cru qu’en offrant un bouquet à sa belle, il allait reprendre ses droits de cuissage. Que nenni ! La femme émancipée, qui ne porte plus la culotte mais le string, peut réfréner les ardeurs de l’amoureux en le traînant en justice pour harcèlement. Pourtant, la sagesse populaire disait : «Cent fois sur le sommier, remettez votre outrage !»
A mille lieues de l’évolution des mœurs, une Anglaise de 40 ans a déclenché l’alarme dans le portique électronique de l’aéroport d’Athènes. Inimaginable à notre époque: sa ceinture de chasteté, imposée par son mari jaloux, a retardé le décollage de l’avion! Après la fouille pratiquée par le service de sécurité, la gente dame a pu s’envoler sous la surveillance du commandant de bord.
J’aurais aimé prier pour cette pauvrette que le pilote fût beau et qu’en s’envoyant en l’air avec l’équipage, elle pût se gausser des mufleries de son conjoint. En effet, le rustre l’a conduite tout droit dans une cabine de pelotage! 

 

 

Comme un pet dans l’eau  
 

Quelque peu rancunier, je n’ai jamais apprécié les termes réducteurs. De taille plutôt petite, on m’a trop souvent traité de Pépin le Bref ou de rase-mottes. Etre né petit fait qu’on doit prouver, sa vie durant, qu’on a des idées d’envergure: le politicien neuchâtelois Claude Frey dixit.
Je suis fatigué de décrypter toujours plus de raccourcis: pour une maladie (TOC), un examen médical (IRM), un test ADN ou une liaison ADSL. La dernière abréviation qui m’a enragé, c’est celle aperçue dans un fascicule édité par une agence de placement. Pour désigner «Programmes d’Emploi Temporaire», les concepteurs ont choisi PET. Censée représenter par ces trois lettres malodorantes l’intégration ou la réinsertion professionnelle, c’est aussi, en quelque sorte, une bouteille en PET jetée à la mer. Pour peu qu’un chalutier la croise et veuille bien se donner la peine de lire le message: «Recherche travail désespérément», je crains que cet appel au secours ne fasse l’effet d’un PET dans l’eau.
Afin d’éviter à l’avenir des abréviations aussi aberrantes, je vous demanderais de bien vouloir signer ma pétition. Ecrivez à: AAA (Association pour l’abolition des abréviations). 


 

Le blues du chef 

Dans les pages sportives, les comptes rendus de matches se ressemblent. Quand l’équipe a perdu, c’est à cause de...
Si on bossait à la rédaction du JdJ comme certains shootent, cela donnerait ceci: «La page Auto a dû être montée en catastrophe car le chef d’édition est hospitalisé suite à un accrochage avec un surfeur sur une piste de ski. Le supplément consacré au marché immobilier a été conçu par une polygraphe en retour de congé maternité et c’est pour elle un nouveau défi. Malgré cela, l’équipe du JdJ s’est bien battue contre Macintosh qui a planté plusieurs fois dans la soirée alors que le bouclage de la dernière page était en phase de finition.»
Pour revenir aux litanies sportives, voici les paroles de René Lobello entendues sur Canal Alpha quand Xamax a retrouvé en match de championnat le FC Bâle qui l’avait déjà laminé par 6-0 en Coupe de Suisse: «Soit on se lamente, soit on relève la tête. Mes joueurs ont de bonnes dispositions et je pense qu’ils vont se ressaisir. Il faut chercher le petit déclic. Tout est une question de mental. L’équipe est une battante.»
Comme Patricia Kaas dans sa chanson, le chef a du gospel dans la voix et il y croit !

 

L’éthique et l’étiquette  
 

Peut-on rire de tout?, voilà la question. L’humoriste Dieudonné a compris que la plaisanterie chez les religieux, ce n’est pas du pain bénit. Il s’est brûlé les ailes sur le buisson ardent. Alors, rions d’autre chose. Il est des sujets renouvelables et d’autres figés. Prenez les Peutch: leurs sketches, c’est la copie conforme des homes de vieillards. La sénilité contrefaite se pose en miroir de ce qui nous attend. Alors, rions en forme d’exutoire. Mais c’est le sujet qui va mal vieillir. S’enfermer dans un sujet, voilà le pire pour les gens du spectacle.
François Silvant, lui, peut aisément se renouveler grâce à ses nombreux personnages qu’il campe avec talent, de la Vigneronne à Madame Pahud, en passant par toutes les icônes helvétiques.
A l’opposé, deux comiques vont tous les soirs au casse-pipe sur la scène parisienne. Cuche et Barbezat jouent tout nus les marionnettes du pénis en le triturant à l’envi. Et le public en redemande! Cependant, la sortie des artistes passe toujours par la loge. Quel nouvel habit vont-ils enfiler? Vont-ils réussir à décoller l’étiquette? Celle-ci indique toujours la façon de laver au troisième degré. Vont-ils repasser?

 

Le coup d’œil masqué

• A Rio de Janeiro, des policiers ont chassé un artiste qui exerçait ses talents sur la plage. Ils lui ont intimé l’ordre de détruire ses œuvres, éphémères mais jugées obscènes: des femmes nues sculptées dans le sable. Il paraît que la statue d’el Cristo se bouche les yeux à carnaval...
• A Houston, lors d’une retransmission en direct du Super Bowl, Janet Jackson a scandalisé des millions de personnes en dévoilant un sein. Il était pudiquement décoré d’une étoile. L’Amérique, qui redore la sienne, découvrait enfin l’arme de séduction massive. La sœur de Bambi a dû présenter des excuses au peuple américain et à MTV. Cette chaîne diffuse pourtant chaque soir à 23 h «Jackass», une émission complètement débile. Personne ne porte plainte pour atteinte à la dignité!
• A Paris, 62
militants antipub sont poursuivis en justice. Interpellés lors de barbouillages d’affiches dans le métro, ils devront s’expliquer devant la RATP qui leur réclame plus d’un million d’euros. Des centaines de manifestants avaient noirci des top-modèles, genre Claudia Schiffer, qui étalent leurs croupes incendiaires et parfois anorexiques. Il est vrai que
si la publicité attire les regards, la blonde attire les ringards!

  

 

 

Boulevard de l'indifférence 

 

A l’époque où la télévision diffusait encore des vaudevilles, on découvrait les frasques de couples à la dérive. Quand l’adultère touchait la femme, c’était une comédie. Quand l’épouse trompait le mari, c’était une tragédie.
En guise de théâtre, on a maintenant la téléréalité. Les acteurs sont des gens... de la rue comme dirait Jean-Luc. Et c’est vrai que ça se discute... *
Voici le profil des acteurs: mère divorcée sans torts, deux enfants dont l’aîné – qui a un gros nez – sniffe comme un aspirateur. Une s
œur boulimique et nymphomane, un père alcoolique qui fait la manche avec un poil dans la main. Le déballage télévisuel peut commencer.
Côté téléspectateurs, le décor est planté: sur le guéridon du salon enfumé, monsieur allonge ses jambes et bouscule les bouteilles de bière vides contre le cendrier plein de mégots. Madame se vautre sur le canapé et critique les pauvrettes de son âge qui font dix ans de plus à cause de leurs déboires.
Générique de fin. Le couple va se coucher, sans plus rien à se donner que le plaisir de ronfler en harmonie. Un ronflement malsain: l’abus d’indifférence nuit gravement à la santé!

(* Jean-Luc Delarue, émission Ça se discute)



 

Que vais-je encore gober?

«Soleil vert», film de science-fiction sorti en 1973, montrait notre civilisation dans un New York à l’agonie, sans ressources nutritives. Le scénario nous projetait en 2022. Il ne restait pour nourrir la planète que du «soleil vert», sorte de biscotte fabriquée à base de plancton mais qui se révéla ensuite... je m’abstiendrai de l’écrire ici, car c’est bientôt l’heure de passer à table!
Aujourd’hui, à 18 ans de l’échéance fictionnelle, on découvre des salmonelles dans la viande et les œufs, dans les fruits et légumes quand ils ne sont pas rincés... à l’eau potable qui manque déjà à un tiers de la population mondiale. On parle de listériose, vache folle, légionellose et pneumonie atypique.
Cet hiver, le tendre poulet est grippé et le saumon tousse (trop fumé?).
Curieusement, les Américains reviennent à une nourriture plus saine. Quelque 25 millions d’entre eux ne jurent plus que par le Dr Atkins, célèbre gourou de la diététique. L’Oncle Sam pourra vanter ses nouveaux menus «minceur». Venant du pays des OVNI, (Objets végétariens non identifiés), cette cuisine du futur ira garnir les assiettes des Martiens qui viennent d’être sondés... 
© Air du Temps, Le Journal du Jura - Francis Choffat

(Cet article date de 2004, relu en 2020 à 2 ans de la fiction)

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