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Articles récents

J'vous ai apporté des...

17 Décembre 2008 , Rédigé par Sifranc le correcteur Publié dans #© L'Air du temps (AdT)

(dr)

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(histoire vraie)

La vendeuse ouvre son kiosque. Constatation amère: le cornet de croissants que le boulanger livre chaque matin n’a pas été déposé devant la porte. Vu l’affluence des clients, elle s’inquiète et téléphone à la boulangerie.

*

À quelques kilomètres de là, un père de famille prépare le petit déjeuner et aperçoit sur la table de cuisine un grand cornet. Ravi, il interpelle sa femme qui sort de la douche: «Tu te rends compte de la surprise: le gamin, qui est rentré à passé 5 h, nous a apporté des croissants tout chauds.» À peine essuyée, enveloppée dans son linge de bain, madame rajoute: «C’est mon anniversaire, il y a pensé! On ira le remercier plus tard; il doit dormir après cette nuit passée à la disco.»

Les parents se servent dans le cornet et l’un d’eux plonge sa main sur un bulletin de livraison portant l’en-tête d’une boulangerie et le nom d’un kiosque. «Merde alors!», s’étrangle monsieur avec la dernière gorgée de café. Aussitôt, il enfile son pardessus et court au kiosque. La gérante encaisse l’argent de la marchandise dérobée et accepte les excuses humblement formulées par un père désolé.

À une époque plus ou moins lointaine, pour expier une bêtise pareille, j’en connais un qui aurait pris son fils par la peau du cul pour aller présenter ses excuses lui-même. Il n’est plus là, mais je lui dis: merci papa!

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L'amour bâtard

17 Décembre 2008 , Rédigé par Sifranc le correcteur Publié dans #© L'Air du temps (AdT)

L’histoire du chien qui nous tenait en laisse


C'était un bâtard de la SPA que nous avons chéri pendant 18 ans. Il était adorable et aimé de tout le quartier. A l’entrée d’un magasin, on l’avait prié de nous attendre sagement à son crochet pendant que nous allions lui acheter sa pâtée. La brave bête devait avoir les yeux tristes pour réussir à attendrir le cœur d’une bonne dame qui nous a attendus pour nous insulter: «Vous n’avez pas honte de laisser ce chien tout seul!» Elle ignorait qu’il couinait aussi à la maison en grattant à la porte de la salle de bains pour ne pas nous perdre de vue.

calypso.jpg

L’osmose était parfaite entre l’animal et ses maîtres qui, au passage d’un supermarché, ont pourtant été jugés comme des malpropres...
Lors d’une sortie au cinéma, nous l’avions laissé seul dans l’appartement éclairé et la télévision enclenchée pour lui tenir compagnie. On a appris, par nos voisins, qu’en notre absence le brave toutou avait crié à la mort.
Lors d’une consultation urgente à l’hôpital par un froid de canard, nous avons dû laisser notre quadrupède dans notre douillet logis. Pour en avoir le cœur net concernant ses hurlements, on a enclenché un enregistreur. A notre retour, la bande sonore nous a révélé que, pendant une heure, le chien n’avait pas bronché. Puis nous avons eu affaire au cri du loup!
Ces cas de figure illustrent bien la difficulté de légiférer en cas de plainte: des maîtres que l’on peut accuser de mauvais traitements et à l’inverse un animal détestable qui dérange même la police. En effet, un ami bienveillant, apercevant de la lumière dans l’appartement, avait appelé le 117...

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La fin des Glorieuses

16 Décembre 2008 , Rédigé par Sifranc Publié dans #© L'Air du temps (AdT)

L’année des interdits s’achève, place à celle des obligations...

Notre traditionnelle sortie de famille se déroulait au restaurant le 1er dimanche de l’an. Au moment de l’addition, je me souviens que mon grand-père recevait un cigare estampillé: «L’auberge vous souhaite une bonne et heureuse année!» Idiot serait le cafetier qui, en ce 1er janvier 2010, proposerait un tel cadeau. Les temps changent, il y a 50 ans de cela. Hé, rigole pas, jeunesse... ça va t’arriver vendredi: tu vas en ramasser une de plus!

Quand j’étais jeune, j’allais chercher le lait au bidon. Le paysan trayait sa vache à la main et se sentait bien dans ses bottes. Il ne les lançait qu’avant d’entrer dans la chambre à coucher pour assurer la pérennité du domaine...

Les Trente Glorieuses se sont arrêtées en 1975. Depuis, la classe laborieuse attend une bonne et heureuse année. Mais c’est toujours les autres qui la prennent à leur compte... en banque.

En 2010, on se réjouit d’assister à des matches de football non truqués. On espère ne plus croiser dans la rue des médecins en grève: un pays malade de sa médecine, ça fait tache. Pour la planète aux soins intensifs, on consultera le tableau des visites. Ceux qui ont forcé la porte à Copenhague ont été chassés par des gaz nuisibles à la couche d’ozone et par des matraques abîmant le cuir chevelu.

Chère jeunesse, avant de faire le saut dans l’an neuf qui porte le chiffre 10, prends 20 minutes pour lire ce journal. À la dernière phrase d’un article sur fond bleu, il y a mes bons vœux, et ceux-là ne sont pas gratuits...

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La potion magique

15 Décembre 2008 , Rédigé par Sifranc le correcteur Publié dans #© L'Air du temps (AdT)

Vers l'âge de 3 ans

 

 

 

 

 

 

 

Le petit garçon dans son bac à sable s’en est mis plein les yeux. Il se croit perdu dans son obscurité et craint d’être aveugle. Du haut de ses huit ans, l’avenir lui paraît sombre, il ne voit qu’une personne qui puisse le tirer d’affaire: sa maman. Il monte les escaliers en bois de la maison paternelle et la mère qui travaille comme régleuse à l’établi quitte tout pour porter secours à son rejeton. «Maman, j’ai du sable dans les yeux, c’est la fin du monde!» Ni une ni deux, la recette de grand-mère fait son effet: une solution de thé à la camomille attiédi dans un grand bol. L’enfant trempe un bout d’ouate dans la potion magique et tamponne ses yeux endoloris. «Maman m’a sauvé la vie, elle est toujours là quand j’ai besoin d’elle.» Cinquante ans plus tard, le même enfant se retrouve au chevet de sa vieille mère, enfermée dans le silence de sa mémoire. On ne sait plus où vont se perdre ses pensées embrouillées. Elle a perdu la recette. L’Alzheimer est passé par là comme un tsunami. C’est alors que l’enfant avance deux doigts tremblants. Et dans la quête d’une ultime potion magique, il lui ferme les paupières. Adieu maman!

Ma mère (1919-2006)

Ma mère (1919-2006)

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La vie à l'envers

5 Décembre 2008 , Rédigé par Sifranc le correcteur Publié dans #© L'Air du temps (AdT)

Précoce...

Précoce...

Anachronismes

Et si l’on changeait le cours des choses? On commencerait par mourir et l’on se réveillerait dans un lit d’hôpital. Récit futile: nos forces reprennent et on se relance dans la vie active. Le premier jour dans l’entreprise, le patron nous offre une montre en or. Après 40 ans de bons et loyaux services, on entreprend des études en compagnie d’étudiants, tous des Tanguy de première classe qui nous invitent à venir boire les bonnes bouteilles du paternel. Puis, on use nos culottes courtes à l’école maternelle avant de nous plonger dans un bain amniotique de neuf mois pour ensuite quitter ce monde dans un orgasme...

Dans le même esprit, on pourrait refaire le monde en plaçant les personnes âgées dans les prisons et les gangsters de la finance, – les Banksters – dans les homes. Ainsi, les vieillards auraient un suivi de leurs examens médicaux. Un gardien viendrait les voir toutes les vingt minutes dans leur cellule pour veiller sur leur sécurité. Ils auraient un endroit adapté pour recevoir leur famille en toute intimité. Ils auraient accès à la salle de thérapie physique et spirituelle ainsi qu’à la piscine. Les pyjamas, souliers, pantoufles seraient gratuits. Chaque résidant aurait droit à un ordinateur et à des appels illimités de SMS et MMS, inconnus jusqu’à ce jour en EMS...

Dans ces rôles fortuits et inversés, les taulards, ex-traders et disciples de Madoff, subiraient l’extinction des feux dès 20 heures. Ils auraient droit à une petite chambre et payeraient 7500 francs par mois, sans aucun espoir d’en sortir vivants... © AdT

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L'artisan débrouillard

3 Décembre 2008 , Rédigé par Sifranc le correcteur Publié dans #© L'Air du temps (AdT)

L'odeur de l'argent

À notre époque, il est presque gênant d’avoir du travail par-dessus la tête. Le dilemme pour certains entrepreneurs débordés, c’est qu’ils ont de la peine à être payés par leurs clients. «A la commande, le tiers de la facture doit être honoré, sinon je ne commence pas le chantier», avoue ce patron. Un autre hésite, car il doit se battre avec une concurrence toujours plus pointue. Certains cassent les prix, mais ne respectent pas les devis.

Un artisan du bâtiment a trouvé la solution pour se protéger des mauvais payeurs. Quand il a terminé les plafonds, il réclame le paiement. Discrètement, avant de quitter le chantier, il dépose une barquette de six œufs frais dans le faux plafond. Si l’argent est versé dans les délais, il prétexte un contrôle de routine chez son client et récupère les œufs. Sinon, c’est l’habitant de la villa qui téléphone. Enervé, il s’étonne qu’il y ait une odeur bizarre dans sa maison. Chaque jour ça sent pire… Mais l’artisan rentre toujours dans ses frais et passe pour un héros lorsqu’il réussit à éliminer gratuitement cette puanteur dont la cause reste mystérieuse...

(dr)

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La culture dérape

27 Août 2008 , Rédigé par Sifranc Publié dans #© L'Air du temps (AdT)

Le coup de gueule de Sifranc

Une beuse
qui ne sent pas la rose

Sur le thème «La fabuleuse histoire des excréments», la chaîne culturelle Arte vient d’aborder le sujet tabou de nos déjections. Eh oui, c’est au petit coin que tombent en ruine tous les restes de la bonne cuisine. Avec humour, le réalisateur a rebaptisé la crotte par le mot «rose». Le documentaire relève l’absurdité de notre civilisation qui chasse ses étrons avec de l’eau potable... alors qu’une grande partie du globe en est privée!
Nos fèces et celles des animaux peuvent être transformées en énergie, compost ou, tenez-vous bien, en aliment... Sortir un écu de son tronc, pour les amateurs de contrepets, peut donc rapporter gros...
Des bijoux et des parfums sont constitués à base de matière fécale. En 1960, l’artiste italien Piero Manzoni avait même mis aux enchères sa merde en boîtes qui ont été toutes vendues et se retrouvent maintenant dans diverses collections d'art dans le monde entier. Son père possédait une fabrique de viandes en conserves. Un jour, ils se disputent et l'industriel lance: «Tu es un artiste de merde!» Manzoni prend son père au mot et défèque dans nonante boîtes. Aujourd'hui, l’unité est cotée à 30 500 euros.
Coluche avait pourtant averti l’humanité: «Le jour où la merde prendra de la valeur, les pauvres n’auront plus de trou du cul.»

À Neuchâtel, en pleine place des Halles, le Centre d’art contemporain (CAN) vient de lâcher sa beuse: un projet d’agrandissement de ses locaux jugés à l’étroit alors qu’il n’y a rien à voir. Moi, je tire la chasse d’eau...



Le projet du CAN critiqué par Sifranc.
 


Vos commentaires

Pour ma part, je tire l'eau sur ce projet également, mais je mets ses auteurs dans la cuvette avant de tirer l'eau.
Cette place est un bijou et personne, à quel nom que ce soit, ne doit y toucher.
Félicitations pour ce billet, je suis certaine que beaucoup penseront comme nous.
commentaire n° : 1 posté par : Danielle le: 27/08/2008 14:49:14
 
Merci Danielle, tu peux aussi écrire à L'Express pour un Courrier de lecteurs. Merci d'avance!
 

Tellement vrai et si bien relaté !
commentaire n° : 2 posté par : leafar (site web) le: 27/08/2008 07:57:08
 

merci, mais j'aurai peut-être les cultureux contre moi...
 

Le CAN de Neuchâtel voudrait-il donc emprunter les œuvres-d'art-ne-pas-toucher (si, si! c'est écrit!) du centre Georges-Pompidou? À savoir: un gros tronc d'arbre couché; un triptyque  savamment intitulé Sans titre et constitué de trois immenses (plus c'est grand, plus c'est à la mode) toiles parfaitement blanches, ou encore... hum! j'arrête, ça commence à sentir mauvais!
 
commentaire n° : 1 posté par : Starchatin le: 10/09/2008 19:12:58
 
merci de m'avoir bien compris!
 
réponse de : Sifranc (site web) le: 11/09/2008 01:48:10

 

je tire la chasse, moi aussi !!! amitiés du vieux sorcier et bonne fin de semaine
commentaire n° : 2 posté par : honorius (site web) le: 10/09/2008 13:37:37

eh, le preux chevalier est sur sa monture! Amitiés de Sifranc

Une chronique qui a fait rire
A propos de l’Air du temps de Francis Choffat, intitulé «Une beuse qui ne sent pas la rose» (Le JdJ du 27 août 2008), et qui évoquait l’implantation théorique du Centre d’art Neuchâtel au cœur de la ville.
J’ai beaucoup apprécié votre billet. C’est celui qui m’a le plus fait rire depuis le début de la chronique  «Air du temps». Source: @


 

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Gueux, nobles et chevaliers réunis à St-Ursanne

15 Juillet 2008 , Rédigé par Sifranc le correcteur Publié dans #© L'Air du temps (AdT)

L'affiche de la précédente édition (2017)

L'affiche de la précédente édition (2017)

La Cité médiévale de Saint-Ursanne dans le Jura suisse vient de clôturer sa fête bisannuelle avec une fréquentation estimée à 50'000 visiteurs. Avec un défilé du temps formé de houppelandes, hallebardes, fuseaux, godillots, crinolines, guêtres, cromornes et vielles à roue, les spectateurs ont aussi été ravis de découvrir les jeux d'autrefois qui n'étaient pas virtuels, quoique honnis par l'Eglise.

Dans ces reconstitutions plus fausses vraies que nature, il ressort le savoir-faire des fées actuelles de la couture qui s'inspirent des tenues du 12e siècle. Des acteurs jouent les maréchaux-ferrants, bûcherons et frappeurs de monnaie. De vrais manuels ces gens-là ! Mais je parie deux écus décrépits que les parents, même devant les yeux extasiés de leurs enfants, ne souhaitent pas voir leur progéniture se diriger vers une profession manuelle. Et alors?, mécanicien sur automobiles pour faire avancer votre charrette, vendeur de pneus pour ferrer vos 110 chevaux, maçon pour construire votre cahute… Il est vrai que toutes les autres professions reconstituées lors des Journées médiévales ont disparu.
Les parents en sont quittes pour la peur: leurs chérubins ne seront pas taupiers, ils auront tous une souris dans la main… (AdT) 

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Hommage à une pianiste en qui je n'ai pas cru

23 Juin 2008 , Rédigé par Sifranc le correcteur Publié dans #© L'Air du temps (AdT)

Certificat de la Reconnaissance musicale, 1932, décerné lors des 13 ans de ma mère.

Certificat de la Reconnaissance musicale, 1932, décerné lors des 13 ans de ma mère.

Maman aurait eu 100 ans

La musique bonne pour la mémoire: jouons chaque jour de notre vie!

L'année 2019 aurait été celle du centenaire de Maman. C'était une pianiste assidue comme l'étaient les filles de famille bourgeoise du 20e siècle. Sur l'instrument familial, j'allais toujours pianoter sans vouloir prendre des leçons. Je voulais jouer «Blueberry Hill» de Fats Domino et «Great Balls of Fire» de Jerry Lee Lewis sans passer par le solfège. 

Ainsi, j'arrive à mes 70 ans en regrettant qu'à huit ans, tout en jouant dans le sable j'aurais aussi pu enfoncer des touches de piano. Les virtuoses connus ont tous commencé vers cet âge-là.

En jouant d'oreille, je suis passé de l'accordéon à la guitare, du ukulélé à l'harmonica. Dans les années 80, Jean-Michel Jarre a révolutionné la musique en lui donnant de l'Oxygène... Le son du synthé m'a conquis et mes petites bases de piano m'ont permis de maîtriser rapidement le clavier électronique. Etant devenu un féru de programmation, je mixe des sons et crée des adaptations. Il est vrai que la musique a beaucoup évolué techniquement par rapport aux années 60.

Cette passion, que mon fils partage, je n'arrive pas à la transmettre aux jeunes du nouveau millénaire. Leurs goûts et leurs idées commencent à l'an 2000, tout ce qui précède est ringard à leurs yeux. Tu leur joues «Formidable» de Stroame, ils te répondent que c'est une vieillerie de trois ans! Ce désert musical me rappelle ce que ma génitrice a dû ressentir dans ma période yéyé.

Ma mère, frappée d'Alzheimer à 80 ans décédée sept ans plus tard  pouvait encore déchiffrer des partitions même celles que je lui proposais pour tester sa mémoire. Elle m'a joué «Say you Say me» de Lionel Richie en temps réel, main gauche main droite, avec bémols à la clé. Sauf le rythme manquait. Soudain, elle se détourna et me demanda: «Pourquoi tu pleures, Francis?»

Je venais, en vain, d'essayer de lui expliquer  sur recommandations réitérées de l'infirmière inquiète , comment respecter la posologie de ses médicaments. Un semainier devait lui venir en aide. Matin, midi, soir à la verticale et les jours de la semaine à l'horizontale. Personne n'est arrivé à lui faire entrer ça dans sa tête malade... (fc)

Repose en Paix, Maman!

La potion magique

Le petit garçon dans son bac à sable s’en est mis plein les yeux. Il se croit perdu dans son obscurité et craint d’être aveugle. Du haut de ses huit ans, l’avenir lui paraît sombre, il ne voit qu’une personne qui puisse le tirer d’affaire: sa maman. Il monte les escaliers en bois de la maison paternelle et la mère qui travaille comme régleuse à l’établi quitte tout pour porter secours à son rejeton. «Maman, j’ai du sable dans les yeux, c’est la fin du monde!» Ni une ni deux, la recette de grand-mère fait son effet: une solution de thé à la camomille attiédi dans un grand bol. L’enfant trempe un bout d’ouate dans la potion magique et tamponne ses yeux endoloris. «Maman m’a sauvé la vie, elle est toujours là quand j’ai besoin d’elle.» Cinquante ans plus tard, le même enfant se retrouve au chevet de sa vieille mère, enfermée dans le silence de sa mémoire. On ne sait plus où vont se perdre ses pensées embrouillées. Elle a perdu la recette. L’Alzheimer est passé par là comme un tsunami. C’est alors que l’enfant avance deux doigts tremblants. Et dans la quête d’une ultime potion magique, il lui ferme les paupières. Adieu maman! (fc-2006)

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Le regard de l'animal

7 Juin 2008 , Rédigé par Sifranc le correcteur Publié dans #© L'Air du temps (AdT)

Calypso

Calypso

On se souvient du film de Robert Redford «L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux». Sa méthode de dressage reposait sur la confiance, la sympathie et la compréhension. On connaît  Anna Evans qui prête son oreille aux chiens que les maîtres font défiler dans son cabinet vétérinaire. Cette pratique vient d’Amérique. On devine le succès de cette thérapie dans une nation reine de la démesure. À l’exemple d’une patiente qui a fait appel à un médium pour retrouver sa tortue égarée. Le site internet de la vétérinaire relate la lettre de condoléances qu’elle lui a envoyée pour la rassurer : «Votre tortue vient de mourir en ayant une pensée de reconnaissance et d’affection à votre égard.» Chaque détenteur de chien ou de chat peut raconter un moment intense vécu avec son compagnon à quatre pattes. Souvent n’a-t-il pas su capter le signal de son chien qui lui rappelait l’oubli du sac à crottes. Combien de maîtres restent sourds à cet appel ! Loin de minimiser les vertus de la vétérinaire comportementaliste, il nous restera gravé à vie le dernier regard appuyé de notre chienne. Des yeux d’un amour entretenu pendant 18 ans. Par un jour pluvieux de sinistre mémoire, nous avions dû la porter chez le vétérinaire. L’animal venait de nous donner une leçon gratuite de communication intuitive... /fch

Le regard de l'animal
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Les dialogues et échanges verbaux sur internet

1 Avril 2007 , Rédigé par Sifranc le correcteur Publié dans #Poisson

Le topic et le post, c'est quoi?

Le topic (sujet ou fil) est l'énoncé d'un internaute qui interpelle le lecteur. Ce dernier répond au fil par un post. Souvent, il ne remonte pas au topic pour se renseigner de quoi il est question, il sort du contexte, il répond au précédent. De fil en aiguille, au 20e post, c'est la confusion totale. C'est une discussion dans la discussion. Sifranc le correcteur appelle cela le

T U P A R L A Q U I

Deux internautes, et c'est exponentiel, dérapent et le fil se casse. Les invectives explosent et c'est le merdier. Pour parodier ce phénomène de la Toile, Sifranc en a fait un Poisson d'avril. Lisez plutôt dans la rubrique "Poisson".

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Un poisson d'avril pour les amis de Brassens!

1 Avril 2007 , Rédigé par Sifranc le correcteur Publié dans #Poisson

Les poissons de Sifranc, 2007, 2009, 2010, 2021

Les poissons de Sifranc, 2007, 2009, 2010, 2021

Le canular de Francis

a fait mouche… 

Sifranc le correcteur a toujours aimé créer des farces pour le premier jour d'avril. Le Poisson d'or 2021 est attribué au Groupe Facebook se réclamant des amis du poète moustachu réunis sous la dénomination: Groupe public, Georges Brassens, le poète universel.

Tout d'abord l'auteur s'est inscrit dans ce groupe en soumettant plusieurs vieux articles écrits à l'époque de la Comédie musicale "Le temps des cathédrales" et du succès de Patrick Bruel "Qui a le droit", textes jaunis sortis du tiroir.

Sifranc déplore que l'humour et la dérision n'ont plus leur place en 2021. Il fallait en faire la démonstration! Ses articles très appréciés ont été lus avec des "likes" de plus de 60 personnes en une journée, même avec quelques partages. Il s'agissait de savoir si, dans les commentaires, les internautes se donnaient la peine de revenir au sujet principal (en haut de page) plutôt que de répondre à une amie ou un ami pour dénoncer l'auteur d'un post litigieux pour le descendre en flammes. Il fallait donc provoquer une personne vulnérable. Cela est tombé sur une dame qui a utilisé le mot "élitisme", reprochant à l'auteur de se prévaloir d'une supériorité à l'encontre des "yos" qui déclament des vers sans avoir jamais ouvert un livre de poésie.

En répondant à cette remarque quelque peu ambiguë, Sifranc a utilisé les derniers vers de la chanson de Brassens "Misogynie à part": Il y a les emmerdantes, les emmerdeuses et les emmerderesses… signé GB.

Trois ou quatre personnes piégées!

Aussitôt, les posts ont afflué dénonçant le correcteur de cuistre, de malvenu et d'autres vocables propres aux internautes du premier degré. Tout y passe: inculte, illettré, etc. Comme Sifranc a aussitôt quitté et bloqué le groupe, il s'est contenté de sortir sa guitare et de chanter: "Au village sans prétention, J'ai mauvaise réputation; Qu'je m'démême ou que je reste coi Je pass' pour une je-ne-sais-quoi."

"Eh oui, cher poète, le monde n'a pas changé!"

"GB aurait honte de vous lire", eh bien, non, cette "mauvaise réputation" vous êtes en train de la nourrir…

Ainsi en va des réseaux sociaux qui peuvent démolir une personne pour une seule parole alors que tous les autres textes ont eu l'approbation des administrateurs et des modérateurs.

Pour lire les précédents Poissons d'avril de Francis Choffat alors qu'il travaillait dans un quotidien suisse romand, allez voir sous: Attention aux poissons d'avril sur ce blog
Attention aux poissons d'avril - Le stylo rouge (sifranc-le-correcteur.fr)

Voir aussi une interview bidon ci-dessous signée Télévision suisse romande (RTS)

Vos "likes" sur Georges Brassens, le poète universel m'ont chauffé le cœur, et dans mon âme il brûle encore à la manière d'un feu de joie

Merci aux membres du Groupe public, Georges Brassens, le poète universel qui ont apprécié mes articles en mettant un pouce levé. Mes textes sur Georges Brassens reflètent l'amour que je voue au plus grand poète de tous les temps. Écolier, j'écoutais les chansons de Brassens avec un dictionnaire entre les genoux. Souvent en cachette de ma mère!       

Francis Choffat, alias Sifranc le correcteur

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