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© l'air du temps (adt)

La fumée qui dérange

29 Décembre 2008 , Rédigé par Sifranc le correcteur Publié dans #© L'Air du temps (AdT)

L’erreur du feu…

Depuis l’interdiction de fumer dans les établissements publics et les messages morbides imprimés sur les paquets, la cigarette est accusée de plusieurs maux collatéraux. Il y a le tapage nocturne dans les rues, surtout aux abords des discothèques, et les mégots qui traînent dans les caniveaux.

Dès le printemps 2011, l'ancien maire de Paris avait engagé des clowns comme «agents de silence». Leur mission était de faire taire avec un maximum d’humour les fumeurs postés sur les trottoirs. Selon l'ex-maire Bertrand Delanoë, les nuits sont interminables et les tabacomaniaques prolongent la fête jusqu’à 5heures, quand Paris s’éveille...
Pourra-t-on réintégrer tout ce beau monde dans les bars grâce à la cigarette électronique? En tout cas, plus de cendriers mais un attirail lié à cette invention: un chargeur 110~240 V, un adaptateur USB, deux piles, cinq recharges avec goût au choix: menthe, pomme, fraise, vanille, café, chocolat, caramel, etc., une batterie de rechange, un pulvérisateur-atomiseur avec le doseur de nicotine incorporé.
En relisant l’Histoire de France, on apprend que l’avènement de l’herbe à Nicot avait généré des accessoires allant de la tabatière de luxe au crachoir de poche. Les nobles prisaient, le peuple chiquait.
Charles IX souffrait de violentes migraines que les médecins n’arrivaient pas à soigner. Quelques prises de tabac en poudre dans les narines royales lui ont provoqué des éternuements qui l’ont définitivement guéri de ses maux. Le remède était trouvé. L’erreur fut d’y mettre le feu... 

(Photo dr)

(Photo dr)

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La veuve éplorée

24 Décembre 2008 , Rédigé par Sifranc le correcteur Publié dans #© L'Air du temps (AdT)

Le billet non lu

Dans la nuit noire, on entendit un coup de feu provenant du garage collectif d’une maison-tour. On apprit plus tard que Monsieur *** avait décidé de quitter ce monde pas fait pour lui.
A l’enterrement, tous les copains du Stamm étaient là. Ceux de l’apéro qui l’aidaient à noyer son chagrin dans la bière savaient qu’il était cocu, le pauvre. Mais l’équipe des leveurs de coude ne trouva personne qui eût assez de tact pour aborder le sujet: quitter sa blonde!
Agacé par l’hommage chronométré du pasteur, je griffonnai sur une page blanche dérobée au Psautier un poème formant le prénom du défunt. Après l’oraison funèbre, je me dirigeai vers la sortie de la chapelle pour ne pas avoir à serrer la main de la veuve éplorée. Dans ma fuite, je lâchai mon billet par terre. Un gardien du cimetière me rappela qu’il fallait respecter les lieux, que des poubelles étaient installées pour les vivants! Rouge de confusion, je ramassai mon papier et l’enfouis dans la poche de mon veston. Quittant la haie des membres de la famille et des m’as-tu-vu-à-l’enterrement, je retrouvai les potes au bistrot pour reparler du disparu: «Quel con, il aurait dû nous dire, on aurait fait quelque chose pour lui!» Puis le poème réapparut à la table ronde. On put enfin boire mes vers entre nous. Tant pis pour la veuve! De toute façon, elle n’aurait pas compris que c’était un acrostiche, pas vu que ça rimait et pas senti que la plume avait été trempée dans les larmes d’un ami...

La veuve éplorée
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J'vous ai apporté des...

17 Décembre 2008 , Rédigé par Sifranc le correcteur Publié dans #© L'Air du temps (AdT)

(dr)

(dr)

(histoire vraie)

La vendeuse ouvre son kiosque. Constatation amère: le cornet de croissants que le boulanger livre chaque matin n’a pas été déposé devant la porte. Vu l’affluence des clients, elle s’inquiète et téléphone à la boulangerie.

*

À quelques kilomètres de là, un père de famille prépare le petit déjeuner et aperçoit sur la table de cuisine un grand cornet. Ravi, il interpelle sa femme qui sort de la douche: «Tu te rends compte de la surprise: le gamin, qui est rentré à passé 5 h, nous a apporté des croissants tout chauds.» À peine essuyée, enveloppée dans son linge de bain, madame rajoute: «C’est mon anniversaire, il y a pensé! On ira le remercier plus tard; il doit dormir après cette nuit passée à la disco.»

Les parents se servent dans le cornet et l’un d’eux plonge sa main sur un bulletin de livraison portant l’en-tête d’une boulangerie et le nom d’un kiosque. «Merde alors!», s’étrangle monsieur avec la dernière gorgée de café. Aussitôt, il enfile son pardessus et court au kiosque. La gérante encaisse l’argent de la marchandise dérobée et accepte les excuses humblement formulées par un père désolé.

À une époque plus ou moins lointaine, pour expier une bêtise pareille, j’en connais un qui aurait pris son fils par la peau du cul pour aller présenter ses excuses lui-même. Il n’est plus là, mais je lui dis: merci papa!

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L'amour bâtard

17 Décembre 2008 , Rédigé par Sifranc le correcteur Publié dans #© L'Air du temps (AdT)

L’histoire du chien qui nous tenait en laisse


C'était un bâtard de la SPA que nous avons chéri pendant 18 ans. Il était adorable et aimé de tout le quartier. A l’entrée d’un magasin, on l’avait prié de nous attendre sagement à son crochet pendant que nous allions lui acheter sa pâtée. La brave bête devait avoir les yeux tristes pour réussir à attendrir le cœur d’une bonne dame qui nous a attendus pour nous insulter: «Vous n’avez pas honte de laisser ce chien tout seul!» Elle ignorait qu’il couinait aussi à la maison en grattant à la porte de la salle de bains pour ne pas nous perdre de vue.

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L’osmose était parfaite entre l’animal et ses maîtres qui, au passage d’un supermarché, ont pourtant été jugés comme des malpropres...
Lors d’une sortie au cinéma, nous l’avions laissé seul dans l’appartement éclairé et la télévision enclenchée pour lui tenir compagnie. On a appris, par nos voisins, qu’en notre absence le brave toutou avait crié à la mort.
Lors d’une consultation urgente à l’hôpital par un froid de canard, nous avons dû laisser notre quadrupède dans notre douillet logis. Pour en avoir le cœur net concernant ses hurlements, on a enclenché un enregistreur. A notre retour, la bande sonore nous a révélé que, pendant une heure, le chien n’avait pas bronché. Puis nous avons eu affaire au cri du loup!
Ces cas de figure illustrent bien la difficulté de légiférer en cas de plainte: des maîtres que l’on peut accuser de mauvais traitements et à l’inverse un animal détestable qui dérange même la police. En effet, un ami bienveillant, apercevant de la lumière dans l’appartement, avait appelé le 117...

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La fin des Glorieuses

16 Décembre 2008 , Rédigé par Sifranc Publié dans #© L'Air du temps (AdT)

L’année des interdits s’achève, place à celle des obligations...

Notre traditionnelle sortie de famille se déroulait au restaurant le 1er dimanche de l’an. Au moment de l’addition, je me souviens que mon grand-père recevait un cigare estampillé: «L’auberge vous souhaite une bonne et heureuse année!» Idiot serait le cafetier qui, en ce 1er janvier 2010, proposerait un tel cadeau. Les temps changent, il y a 50 ans de cela. Hé, rigole pas, jeunesse... ça va t’arriver vendredi: tu vas en ramasser une de plus!

Quand j’étais jeune, j’allais chercher le lait au bidon. Le paysan trayait sa vache à la main et se sentait bien dans ses bottes. Il ne les lançait qu’avant d’entrer dans la chambre à coucher pour assurer la pérennité du domaine...

Les Trente Glorieuses se sont arrêtées en 1975. Depuis, la classe laborieuse attend une bonne et heureuse année. Mais c’est toujours les autres qui la prennent à leur compte... en banque.

En 2010, on se réjouit d’assister à des matches de football non truqués. On espère ne plus croiser dans la rue des médecins en grève: un pays malade de sa médecine, ça fait tache. Pour la planète aux soins intensifs, on consultera le tableau des visites. Ceux qui ont forcé la porte à Copenhague ont été chassés par des gaz nuisibles à la couche d’ozone et par des matraques abîmant le cuir chevelu.

Chère jeunesse, avant de faire le saut dans l’an neuf qui porte le chiffre 10, prends 20 minutes pour lire ce journal. À la dernière phrase d’un article sur fond bleu, il y a mes bons vœux, et ceux-là ne sont pas gratuits...

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La potion magique

15 Décembre 2008 , Rédigé par Sifranc le correcteur Publié dans #© L'Air du temps (AdT)

Vers l'âge de 3 ans

 

 

 

 

 

 

 

Le petit garçon dans son bac à sable s’en est mis plein les yeux. Il se croit perdu dans son obscurité et craint d’être aveugle. Du haut de ses huit ans, l’avenir lui paraît sombre, il ne voit qu’une personne qui puisse le tirer d’affaire: sa maman. Il monte les escaliers en bois de la maison paternelle et la mère qui travaille comme régleuse à l’établi quitte tout pour porter secours à son rejeton. «Maman, j’ai du sable dans les yeux, c’est la fin du monde!» Ni une ni deux, la recette de grand-mère fait son effet: une solution de thé à la camomille attiédi dans un grand bol. L’enfant trempe un bout d’ouate dans la potion magique et tamponne ses yeux endoloris. «Maman m’a sauvé la vie, elle est toujours là quand j’ai besoin d’elle.» Cinquante ans plus tard, le même enfant se retrouve au chevet de sa vieille mère, enfermée dans le silence de sa mémoire. On ne sait plus où vont se perdre ses pensées embrouillées. Elle a perdu la recette. L’Alzheimer est passé par là comme un tsunami. C’est alors que l’enfant avance deux doigts tremblants. Et dans la quête d’une ultime potion magique, il lui ferme les paupières. Adieu maman!

Ma mère (1919-2006)

Ma mère (1919-2006)

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La vie à l'envers

5 Décembre 2008 , Rédigé par Sifranc le correcteur Publié dans #© L'Air du temps (AdT)

Précoce...

Précoce...

Anachronismes

Et si l’on changeait le cours des choses? On commencerait par mourir et l’on se réveillerait dans un lit d’hôpital. Récit futile: nos forces reprennent et on se relance dans la vie active. Le premier jour dans l’entreprise, le patron nous offre une montre en or. Après 40 ans de bons et loyaux services, on entreprend des études en compagnie d’étudiants, tous des Tanguy de première classe qui nous invitent à venir boire les bonnes bouteilles du paternel. Puis, on use nos culottes courtes à l’école maternelle avant de nous plonger dans un bain amniotique de neuf mois pour ensuite quitter ce monde dans un orgasme...

Dans le même esprit, on pourrait refaire le monde en plaçant les personnes âgées dans les prisons et les gangsters de la finance, – les Banksters – dans les homes. Ainsi, les vieillards auraient un suivi de leurs examens médicaux. Un gardien viendrait les voir toutes les vingt minutes dans leur cellule pour veiller sur leur sécurité. Ils auraient un endroit adapté pour recevoir leur famille en toute intimité. Ils auraient accès à la salle de thérapie physique et spirituelle ainsi qu’à la piscine. Les pyjamas, souliers, pantoufles seraient gratuits. Chaque résidant aurait droit à un ordinateur et à des appels illimités de SMS et MMS, inconnus jusqu’à ce jour en EMS...

Dans ces rôles fortuits et inversés, les taulards, ex-traders et disciples de Madoff, subiraient l’extinction des feux dès 20 heures. Ils auraient droit à une petite chambre et payeraient 7500 francs par mois, sans aucun espoir d’en sortir vivants... © AdT

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L'artisan débrouillard

3 Décembre 2008 , Rédigé par Sifranc le correcteur Publié dans #© L'Air du temps (AdT)

L'odeur de l'argent

À notre époque, il est presque gênant d’avoir du travail par-dessus la tête. Le dilemme pour certains entrepreneurs débordés, c’est qu’ils ont de la peine à être payés par leurs clients. «A la commande, le tiers de la facture doit être honoré, sinon je ne commence pas le chantier», avoue ce patron. Un autre hésite, car il doit se battre avec une concurrence toujours plus pointue. Certains cassent les prix, mais ne respectent pas les devis.

Un artisan du bâtiment a trouvé la solution pour se protéger des mauvais payeurs. Quand il a terminé les plafonds, il réclame le paiement. Discrètement, avant de quitter le chantier, il dépose une barquette de six œufs frais dans le faux plafond. Si l’argent est versé dans les délais, il prétexte un contrôle de routine chez son client et récupère les œufs. Sinon, c’est l’habitant de la villa qui téléphone. Enervé, il s’étonne qu’il y ait une odeur bizarre dans sa maison. Chaque jour ça sent pire… Mais l’artisan rentre toujours dans ses frais et passe pour un héros lorsqu’il réussit à éliminer gratuitement cette puanteur dont la cause reste mystérieuse...

(dr)

(dr)

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La culture dérape

27 Août 2008 , Rédigé par Sifranc Publié dans #© L'Air du temps (AdT)

Le coup de gueule de Sifranc

Une beuse
qui ne sent pas la rose

Sur le thème «La fabuleuse histoire des excréments», la chaîne culturelle Arte vient d’aborder le sujet tabou de nos déjections. Eh oui, c’est au petit coin que tombent en ruine tous les restes de la bonne cuisine. Avec humour, le réalisateur a rebaptisé la crotte par le mot «rose». Le documentaire relève l’absurdité de notre civilisation qui chasse ses étrons avec de l’eau potable... alors qu’une grande partie du globe en est privée!
Nos fèces et celles des animaux peuvent être transformées en énergie, compost ou, tenez-vous bien, en aliment... Sortir un écu de son tronc, pour les amateurs de contrepets, peut donc rapporter gros...
Des bijoux et des parfums sont constitués à base de matière fécale. En 1960, l’artiste italien Piero Manzoni avait même mis aux enchères sa merde en boîtes qui ont été toutes vendues et se retrouvent maintenant dans diverses collections d'art dans le monde entier. Son père possédait une fabrique de viandes en conserves. Un jour, ils se disputent et l'industriel lance: «Tu es un artiste de merde!» Manzoni prend son père au mot et défèque dans nonante boîtes. Aujourd'hui, l’unité est cotée à 30 500 euros.
Coluche avait pourtant averti l’humanité: «Le jour où la merde prendra de la valeur, les pauvres n’auront plus de trou du cul.»

À Neuchâtel, en pleine place des Halles, le Centre d’art contemporain (CAN) vient de lâcher sa beuse: un projet d’agrandissement de ses locaux jugés à l’étroit alors qu’il n’y a rien à voir. Moi, je tire la chasse d’eau...



Le projet du CAN critiqué par Sifranc.
 


Vos commentaires

Pour ma part, je tire l'eau sur ce projet également, mais je mets ses auteurs dans la cuvette avant de tirer l'eau.
Cette place est un bijou et personne, à quel nom que ce soit, ne doit y toucher.
Félicitations pour ce billet, je suis certaine que beaucoup penseront comme nous.
commentaire n° : 1 posté par : Danielle le: 27/08/2008 14:49:14
 
Merci Danielle, tu peux aussi écrire à L'Express pour un Courrier de lecteurs. Merci d'avance!
 

Tellement vrai et si bien relaté !
commentaire n° : 2 posté par : leafar (site web) le: 27/08/2008 07:57:08
 

merci, mais j'aurai peut-être les cultureux contre moi...
 

Le CAN de Neuchâtel voudrait-il donc emprunter les œuvres-d'art-ne-pas-toucher (si, si! c'est écrit!) du centre Georges-Pompidou? À savoir: un gros tronc d'arbre couché; un triptyque  savamment intitulé Sans titre et constitué de trois immenses (plus c'est grand, plus c'est à la mode) toiles parfaitement blanches, ou encore... hum! j'arrête, ça commence à sentir mauvais!
 
commentaire n° : 1 posté par : Starchatin le: 10/09/2008 19:12:58
 
merci de m'avoir bien compris!
 
réponse de : Sifranc (site web) le: 11/09/2008 01:48:10

 

je tire la chasse, moi aussi !!! amitiés du vieux sorcier et bonne fin de semaine
commentaire n° : 2 posté par : honorius (site web) le: 10/09/2008 13:37:37

eh, le preux chevalier est sur sa monture! Amitiés de Sifranc

Une chronique qui a fait rire
A propos de l’Air du temps de Francis Choffat, intitulé «Une beuse qui ne sent pas la rose» (Le JdJ du 27 août 2008), et qui évoquait l’implantation théorique du Centre d’art Neuchâtel au cœur de la ville.
J’ai beaucoup apprécié votre billet. C’est celui qui m’a le plus fait rire depuis le début de la chronique  «Air du temps». Source: @


 

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